Les Nouvelles
- bimensuelles -
  Yves Bourel vit depuis plus de 10 ans à St-Barthélemy. Journaliste professionnel, il a été rédacteur en chef des deux journaux locaux. Il collabore actuellement à Radio St-Barth où il s'occupe de l'actualité politique et présente les nouvelles 2 fois par mois pour St. Barth Online!
  30 Juillet 2001 - Numéro 3
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  Hôpital: les voies du progrès
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  Il y a un onze ans, en novembre 1990, quand le préfet de Guadeloupe, Jean-Paul Proust, aujourd'hui préfet de police de Paris annonça, devant plus de 500 personnes, pendant une réunion à l'hôpital de Gustavia, que la maternité de Saint-Barth pourrait peut-être réouvrir sous certaines conditions, ces propos rencontrèrent l'indignation et la colère des habitants de l'île et il dû regagner précipitamment son avion sous la protection de la gendarmerie.
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  Le 29 juin dernier, quand le directeur de l'agence régionale de l'hospitalisation a expliqué d'une voix sereine qu'il ne fallait pas compter sur la réouverture de la maternité et que les lits existants étaient définitivement supprimés, personne n'a sourcillé. Les décisions annoncées n'ont entraîné aucune réaction négative, l'un des journaux locaux ne tarissant d'ailleurs pas d'éloges à leur sujet allant même jusqu'à les qualifier d'historiques.
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  C'est dire si en un peu plus d'une décennie les hommes et les perspectives ont profondément changé à Saint-Barth. De quoi s'agit-il? Pas seulement de la maternité de Saint-Barth mais plus globalement du fonctionnement du système de santé de l'île.
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  Les Saint-Barths, dit-on généralement, tiennent à leur hôpital. Construit au début du 20ème siècle à l'initiative d'un curé néerlandais, le père de Bruyn avec l'aide des résidents locaux, il fut le premier et demeure le seul établissement hospitalier édifié à Saint-Barthélemy. Rénové en 1986, il souffre depuis longtemps d'un manque de moyens et malgré les services qu'il apporte, on lui a toujours reproché de ne pas répondre aux attentes de la population. Cette insatisfaction s'est transformée en rancoeur au début des années 1990 en raison des décisions administratives visant à interdire aux femmes d'accoucher sur place et à exclure toute pratique chirurgicale.
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  Passé la colère, les habitants ont appris à se débrouiller. Les femmes partent mettre leur bébé au monde à Saint-Martin, en Guadeloupe, à la Martinique ou en métropole. Les malades graves partent se faire opérer principalement en Martinique ou en métropole. Quant aux évacuations sanitaires, malgré l'existence d'un système d'assurance privée, elles relèvent encore souvent du système D en l'absence d'un moyen de transport aérien spécifique, surtout la nuit quand l'aéroport de Saint-Jean est fermé.
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  Bien entendu, des solutions ont été envisagées pour essayer de régler la question. Fatigués de l'inertie et des blocages de l'administration sanitaire française et guadeloupéenne, les élus locaux et des particuliers ont envisagé des solutions qui passaient notamment par la création de structures privées. Ce fut notamment le cas du docteur Lédée, un dermatologue exerçant en France et revenu dans son île d'origine avec un projet de clinique qui fut d'abord accepté puis finalement refusé par Simone Veil sous la pression des syndicats et du milieu médical guadeloupéen. Stephane Lédée devait décéder tragiquement des suites d'une attaque cérébrale quelques jours seulement après avoir été informé de l'opposition du ministère de la Santé. C'était en septembre 1994. Deux autres projets de clinique ont été élaborés depuis, sans résultat.
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  La piste du privé momentanément fermée, le public est aujourd'hui de retour. Les décisions prises lors du conseil d'administration de l'hôpital qui s'est tenu le 29 juin dernier semble en effet montrer que l'administration recommence à s'intéresser à Saint-Barth. Une des principales mesures annoncées par le directeur de l'agence régionale de l'hospitalisation est la création d'un service de chirurgie ambulatoire qui permettra, grâce à la mise en place de deux blocs opératoires, actuellement utilisés à Marie-Galante, d'effectuer un certain nombre d'interventions simples qui étaient pratiquées à Saint-Martin voire en Guadeloupe. Cette chirurgie programmée à l'avance devrait commencer à fonctionner d'ici un an sur la base d'une journée par semaine. Autre nouveauté, l'ouverture d'un centre de périnatalité très utile pour l'accompagnement des femmes enceintes et des jeunes mamans. Malgré ces améliorations que personne ne conteste, la grande interrogation reste encore celle des évacuations sanitaires car rien de très concret ne se profile à l'horizon.
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  Le 7 novembre 1990 , Jean-Paul Proust avait prévu la mise en place "d'un système d'évacuations sanitaires sophistiqué dans deux ou trois mois." Onze ans après, oublions donc le sophistiqué, on se contenterait juste de simplicité qui fonctionne. Enfin.

  A Bientôt,

  Yves Bourel


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