Vue d'Ici:   Ellen Lampert-Greaux, d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
  Septembre 2003
space
  Qu’est-ce qui rend St-Barth sexy ?
space
    J’ai du recevoir une douzaine d’appels dernièrement à propos d’un article dans USA Today intitulé « sexy St-Barth ». Je suis donc allée le consulter sur Internet. Après tout, je suis toujours curieuse de savoir ce qu’on peut raconter de mon île préférée.
    Il est toujours intéressant de lire ce que des visiteurs qui viennent pour la première ou deuxième fois peuvent écrire. Immanquablement, on a droit à l’atterrissage acrobatique et à la courte piste d’aéroport qui se termine sur la plage de St-Jean (est-ce que cela suffit à en faire une aéroplage ?) Et bien sûr, tous décrivent les mornes abrupts, les routes étroites et les virages en épingle à cheveux, et la difficulté à conduire des jeeps ou des mokes sans boîte de vitesse automatique. Ensuite, petit couplet sur les prix : l’article en question mentionne des locations de villas à la semaine qui grimpent jusqu’à 37 000 dollars à Noël, et d’autres qui dégringolent à 1000 dollars en basse saison. Puis vient la litanie sur les restaurants avec les salades hors de prix, la bonne cuisine française arrosée de bons vins pour 100 dollars par tête ou plus. Mais soyons fair-play avec la journaliste Kitty Bean Yancey, puisqu’elle offre des alternatives, grâce aux savoureux cheeseburgers du Sélect (mais Kitty, s’il-vous-plaît, notez bien : C’est la chanson de Jimmy Buffett qui a précédé l’appellation du Sélect, elle n’a pas été écrite pour décrire le Sélect… En tous cas, c’est ce que dit Jimmy !) Enfin viennent les plages, inévitablement décrites comme de longues langues de sable fin, ou de sable blond, avec des palmiers qui ondulent dans la brise (deuxième remarque à notre chère Kitty : vous vous êtes trompée de chemin pour la plage de Colombier ; le meilleur moyen pour s'y rendre est de rouler jusqu’au bout de la route de Flamands et de se garer au-delà de la roche au milieu de la route. De là, on peut marcher sur un chemin un peu caillouteux mais tout-à-fait praticable). Beaucoup de journalistes mentionnent l’absence relative de délinquance sur l’île et disent que les autochtones (principalement des descendants d’aventuriers français arrivés il y a plus de trois cents ans, qui survécurent courageusement sur ce rocher peu favorable à l’agriculture, et par conséquent à l’esclavage) vous laissent tranquilles.
    Dit comme ça, on se croirait au paradis, l’endroit idéal pour une vie de rêve. En fait, comme on le dit pour New York, c’est parfait pour une visite, mais peut-être pas pour y vivre. Les gens de l’île ne peuvent pas s’offrir des déjeuners ou des dîners à 100 dollars, et les supermarchés pleins de nourriture importée sont très chers. On ne trouve pas du poisson toute l’année. Et il passe parfois quelques cyclones. Et de temps à autre, on découvre un fuite dans la citerne, et le même jour une fuite d’huile dans le moteur de la voiture. Et je n’ai encore jamais rencontré quelqu’un qui louait sa maison 37 000 dollars par semaine. Et de la même façon, je n’arrive pas à trouver que les nudistes à Saline soient très sexy. Peut-être que le simple fait de côtoyer la jet set rend l’île sexy ?
    Ne vous méprenez pas. Je ne suis pas en train de me plaindre de la vie sur ce petit coin de paradis. J’adore. Et il y a effectivement un je ne sais quoi d’assez sexy ici. Mais je le répète, venir ici en touriste ou en immigrant, cela n’a rien à voir.
  A Bientôt,
  Ellen Lampert-Greaux

  Nouvelles Locales et Commentaires     Editoriaux-Archive     Guide du Visiteur