Vue d'Ici:
    Ellen Lampert-Greaux d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
    Novembre 2004
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     Préparatifs
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Le mois de Novembre est ce qu’on appelle le mois charnière à Saint-Barth. On pourrait aussi l’appeler le mois de la pluie. Qu’importe, c’est le moment de l’année où tous les espoirs sont permis et où les tronçonneuses et les marteaux sortent de leur abri d’été et s’agitent de concert avec les produits de nettoyage, les brosses pinceaux et plumeaux. Car pendant le mois de Novembre, l’île se débarrasse des toiles d’araignée d’un été de paresse et se prépare aux coups de boutoir de la saison touristique. Ces préparatifs prennent plusieurs formes. D’abord, les restaurants embauchent de nouveaux cuisiniers et imaginent une nouvelle carte. L’un après l’autre, ils ouvrent la saison avec une soirée inaugurale sur les plages et sur les mornes, en ville et dans la campagne. Les restaurants de plus d’une saison invitent leurs amis alors que les nouveaux invitent ceux qui peuvent les aider à bâtir leur réputation et à leur envoyer des clients. Ensuite, de nombreux propriétaires de villas sont là pour préparer leur maison à la location, et les restaurants ont ouvert juste à temps pour leur permettre de venir s’y reposer après une longue journée fatigante à passer la serpillière à cause des averses. Tout comme l’an dernier Novembre a été un mois très pluvieux, mais toute cette eau fait venir les fleurs et l’île a revêtu son plus beau manteau de verdure pour ces vacances. Avec un peu de chance, les gros projets de reconstruction, dont celui de l’Eden Rock, seront terminés à temps pour allumer la première bougie d’Hanoukka, ou du moins pour installer le sapin de Noël. Une des choses qui peut altérer quelque peu l’esprit de la fête cette saison est le taux de l’euro. Le tout-puissant dollar des temps passés a dû s’agenouiller en face de cette nouvelle monnaie qui a fait ses preuves. Qui l’eût cru ? Il faut désormais un dollar et 30 cents pour acheter un euro. Donc si vous vous apprêter à venir bientôt par ici, je vous conseille de ne jamais faire la multiplication. Vous n’avez pas besoin de savoir le prix réel en dollars de ce poulet grillé à 30 euros. Ou le prix unitaire en euro de chacune des pâtes de cette assiette. Mon ami Frank et moi avons réalisé que pour 11 euros le litre d’une glace faite maison par la Petite Deauville à Gustavia, le gallon de glace monte à 60 dollars au cours actuel. Je propose donc à l’Association des hôteliers d’inviter Alan Greenspan à venir passer quelques semaines à Saint-Barth car cela le fera sans doute changer d’avis sur les mérites d’un dollar faible. Ou peut-être que finalement cela n’a pas beaucoup d’importance. Saint-Barth reste un de ces endroits magiques où le dollar et l’euro ne sont que quantités négligeables dans la recette de vacances formidables. Il suffit de mélanger un peu de rhum au jus d’un citron vert cueilli sur l’arbre, d’aller faire une grande promenade sur la plage, de contempler le coucher de soleil, et de simplement se souvenir que beaucoup des bonnes choses de la vie sont gratuites. Même à Saint-Barth !
    A Bientôt,
    Ellen Lampert-Greaux
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