Vue d'Ici:
    Ellen Lampert-Greaux d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
    Juillet 2006
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    Allez les Blues
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Crier « Allez les Bleus » est devenu l'occupation favorite de Saint-Barth depuis que les matchs de la Coupe du Monde de Football ont débuté en Allemagne au début du mois de juin. Cela se traduit en anglais par « let's go Blues », ce qu'on peut assimiler à un « Allez Tigres » pendant un match de football à Princeton. De football américain, ne nous y trompons pas, à ne pas confondre avec l'autre football, celui que le reste du monde appelle football, ce qui plonge les américains dans une perplexité encore plus importante que les règles elles-mêmes, qui restent incompréhensibles à quiconque n'a pas pratiqué le « football » dès l'âge de six ans. Le « Blues » est le surnom de l'équipe de France, du nom de la première couleur du drapeau bleu/blanc/rouge. Mais aujourd'hui (dimanche 9 juillet) a été un jour de deuil national pour la France, y compris pour Saint-Barth, après une semaine où l'hystérie a grimpé jusqu'au jour de la finale de la Coupe du Monde. Au départ, personne ne pariait un sou sur le fait que les français arrivent en finale, encore moins qu'ils gagnent. On parlait d'une équipe de vieux, avec au moins deux des joueurs vedettes qui participaient à leur dernière compétition internationale, ou compétition tout court, avant de prendre leur retraite. Parmi eux, Zinedine Zidane, surnommé Zizou, né à Marseille de parents algériens, qui a été le capitaine de tous les succès de l'équipe nationale de France, jusqu'à aujourd'hui quand il a été expulsé du terrain après avoir donné un coup de tête à l'un des joueurs italiens (qui n'ont pas montré un fair-play formidable sur le terrain, si vous voulez mon avis...). Le pauvre Zizou, au lieu de sortir la tête haute avec une deuxième victoire de Coupe du Monde - il avait mené la France à la victoire en 1998 - a laissé son équipe sans chef, et elle a perdu dans les tirs au but après la période additionnelle, quand un joueur de chaque équipe tire alternativement face au goal de l'équipe adverse pour marquer un but (ou du moins, c'est ce que j'ai compris, car j'ai l'impression que tout cela ressemble à un de ces parties de baby-foot avec des tas de petits bonshommes qui shootent tous ensemble pour taper dans une seule balle). En tous cas, tout le monde à Saint-Barth semblait être branché sur le match. Beaucoup de bars et de restaurants avaient installé un grand écran. À la fin de chaque match de quart ou de demi-finale, on entendait une explosion hystérique sur toute l'île, des klaxons, des hurlements, des aboiements ! Des gens s'étaient peint un drapeau français sur la figure. Et aujourd'hui, l'île était fin prête pour une autre grande victoire. Il y avait des drapeaux français partout sur les maisons et sur leurs voitures, et on ne pouvait plus en acheter un seul sur toute l'île (mais je parie qu'on en trouve beaucoup à moitié prix désormais... et le silence après le match a été assourdissant). L'une des caractéristiques les plus intéressantes de cette équipe de France est que le passé colonial de la France apparaît en force dans les stades, avec au moins une douzaine de joueurs des Antilles ou de la Guyane françaises (sans parler de Zizou et de son ascendance algérienne). Cela rend les natifs de Saint-Barth encore plus fiers de leur équipe de France, parce que s'ils sont français, ils sont aussi antillais, tout comme les stars de leur équipe nationale.
    A Bientôt,
    Ellen Lampert-Greaux
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