Vue d'Ici:
    Ellen Lampert-Greaux d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
    Février 2004
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    Un week-end à la Guadeloupe
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    St-Barth n’est pas seulement une île, c’est aussi une commune de la Guadeloupe. Une minute, me direz-vous, est-ce que la Guadeloupe n’est pas elle-même une île, faisant partie de cet archipel de petits points éparpillés dans l’océan qu’on appelle les Caraibes ? C’est juste, et j’ai récemment eu l’occasion d’aller passer un week-end à la Guadeloupe avec mon mari Rosemond. Plutôt que de descendre au Sofitel « la Vieille Tour » au Gosier, selon notre habitude, nous avons voulu changer un peu pour un petit hôtel à l’air romantique du nom de Jardin Malanga. Leur site web était très séduisant… neuf villas en bois blotties dans le décor embaumé d’une plantation de citroniers, avec une vue panoramique sur la mer et les îles voisines, y compris les Saintes et la Dominique. Bien sûr, Air Caraibes (ou Air Caribe comme je l’ai entendu dire par un américain, ce qui nous a fait nous demander si la compagnie n’était pas désormais sponsorisée par une marque de bière locale) a décollé en retard de St-Barth et nous sommes arrivés à la Guadeloupe au coucher de soleil. Et il a continué à se coucher droit dans nos yeux pendant toute l’heure où nous avons conduit jusqu’à notre charmant refuge dans les colines. La Guadeloupe est divisée en deux territoires, la Basse-Terre et la Grande-Terre, et pour compliquer un peu plus les choses, la préfecture de la Guadeloupe en Basse-Terre s’appelle, vous l’avez deviné, Basse-Terre, alors que la ville la plus importante sur la Grande-Terre, Pointe-à-Pitre, est proche de l’aéroport. Comme nous devions nous lever tôt le lendemain pour nous rendre à la Direction Regional des Affaires Culturelles au sujet d’une subvention pour le Festival du Film de St-Barth, nous avions préféré nous rapprocher de Basse-Terre. Et nous n’avons pas été déçus. Le Jardin Malanga a honoré toutes ses promesses, tenu par un charmant jeune couple de français, Maude et Stéphane. Lui s’occupe de toute la cuisine et comme nous étions arrivés trop tard pour aller au restaurant, nous avons apprécié qu’ils nous aient gardé une des neuf petites tables du dîner sur la terrasse couverte. Au matin, nous eurent notre rendez-vous à Basse-Terre, et puis nous sommes allés en voiture jusqu’à la Soufrière, le volcan en activité de la Guadeloupe. Il faut vraiment y aller si vous saturez un peu de la chaleur des Tropiques et des plages de sable car il fait vraiment très frais là-haut, et nous n’avons pas été surpris outre-mesure par un homme en parka de ski qui montait voir les cratères. Nous avons ensuite rapidement déjeuné avec une amie archéologue dans un troquet de St-Claude, puis sommes partis pour un long trajet jusqu’à la plantation de café de Beauséjour, où nous avons été doublement déçus. La plantation elle-même est superbe, mais nous aurions aimé rencontrer sa propriétaire (la tante de Maya qui tient le restaurant Maya’s à St-Barth) et acheter du café. Ce jour-là, pas de chance dans les deux cas. De là, nous sommes repartis par une petite route sinueuse dans la montagne jusqu’à Pointe-à-Pitre afin d’assister à un festival du film en l’honneur du cent cinquantième anniversaire de l’arrivée des Indiens d’Inde à la Guadeloupe. Le film typiquement Bollywood durait presque quatre heures, mais comme l’intrigue était centrée sur un match de cricket, mon chroniqueur sportif de mari est resté attentif jusqu’à la propulsion de la dernière balle. Après le film, encore une petite heure de conduite jusqu’à l’hôtel en s’arrêtant uniquement pour attraper une bière et une bouteille d’eau pour moi dans un lolo au bord de la route. Nous étions de retour au Jardin Malanga vers une heure du matin. Nous avons refait le chemin en sens inverse le lendemain matin pour Pointe-à-Pitre, puis le Gosier afin de déjeuner en bord de mer avec notre neveu, sa femme et leur fille juste née (et avec un ami qui tient la médiathèque locale) puis retour à l’aéroport. On avait grimpé et descendu des mornes et encore des mornes en zig-zaguant dans toute l’île à bord de notre petite Citroen de location. Pas étonnant que St-Barth vienne de voter pour se séparer de la Guadeloupe. On y passe vraiment beaucoup trop de temps derrière un volant.
    A Bientôt,
    Ellen Lampert-Greaux
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