Vue d'Ici:
    Ellen Lampert-Greaux d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
    Décembre 2003
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    C’est la fête !
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    Quiconque s’est aventuré sur le parvis de l’hôtel de ville le 13 décembre dernier peut avoir eu l’illusion de retourner cent ans en arrière rien qu’en regardant les vêtements que portaient les gens.
     L’occasion leur était donnée par un festival d’art d’une journée, Art en Fête. Et comme souvent, cette journée était placée sous le signe de la culture traditionnelle de l’île. Malgré l’intense chaleur du milieu d’après-midi, certaines femmes et jeunes filles portaient de jolies robes de cotonnade fleurie, avec tablier blanc et bonnets à plis blancs (qu’on appelle ici « calèche » ou « quichenotte ») ou chapeau de paille décoré de fleurs et de rubans. Une des tenues les plus intéressantes consistait en une robe aux longues manches et bandages de coton sur les jambes qui servaient de protection quand elle travaillait sur les carreaux des salines, aux temps de misère où hommes et femmes s’y côtoyaient. Les hommes et les garçons étaient vêtus soit de chemises taillées dans des sacs de farine et de pantalons retenus par des ceintures de cordage, soit de leur plus belle chemise du dimanche et d’un fringant chapeau de paille. De jeunes filles habillées à l’ancienne dansaient sur la scène, d’abord sur un chant traditionnel puis sur « Sexy Lady », ce qui donner à leur allure démodée un tout autre intérêt. La soirée se termina sur de la musique antillaise jouée par trois orchestres ; des centaines de personnes dansèrent une grande partie de la nuit, après que certains, plus chanceux que d’autres, aient eu droit à un souper léger composé d’une soupe traditionnelle (au poulet ou aux pois), servie avec des galettes rôties ou frites (ces délicieux petits pains de l’île) ou avec des galettes fourrées de jambon de Noël comme des sandwichs. Ceux qui avaient eu la chance de se trouver là avant que le menu du déjeuner ait été pris d’assaut avaient pu déguster du colombo de cabrit, du boudin, et des pois d’angole, tous mets raffinés.
    Une semaine auparavant, des centaines de gens avaient également dansé toute la nuit sur le parvis de l’hôtel de ville, mais pour une tout autre raison. Le 7 décembre, les îliens avaient voté Oui lors d’un scrutin historique visant à séparer organiquement l’île de la Guadeloupe, en instituant une Communauté d’Outre-Mer se référant directement à la France (voir rubrique Nouvelles locales et Commentaires ainsi que les Archives). Et une fois de plus la musique et le champagne coulaient à flot.
    Une autre soirée de fête était organisée cette semaine-là au Nikki Beach pour célébrer le Raid Turquoise Rubson, une aventure nautique d’une semaine sur des bateaux de course semi-rigides Sillinger, et qui coupaient cette année-ci la ligne d’arrivée à Saint-Barth. Sur les 15 équipes de 4 personnes qui couraient cette année, quatre étaient de St-Barth, dont la gagnante, l’équipe d’AGF ; beaucoup d’amis et de famille vinrent participer à la fête de clôture, illustrée par un court film racontant les épreuves et les tribulations traversées par les équipes durant toute la semaine. Des mers grosses de vagues de plus de 5 mètres. La traversée d’une rivière avec un simple filin. La pêche aux langoustes à mains nues. Des rallyes en moto. J’étais épuisée rien qu’à regarder le film. Une aventure très exigeante physiquement, pour le moins.
    Mais alors que nous étions tranquillement assis sur la plage, caressés par une rafraîchissante brise de mer dans la nuit baignée de lune, je ne pouvais que constater que décidément cette île savait faire la fête. Et avec les vacances qui arrivent, nul doute que nous en allions en connaître beaucoup d’autres.
    A Bientôt,,
    Ellen Lampert-Greaux
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