Vue d'Ici:   Ellen Lampert-Greaux, d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
  Août 2003
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  Une savoureuse tradition
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    Au delà des paillettes et du glamour, très loin des villas à six millions de dollar et des yachts de multi-milliardaires, il existe un autre Saint-Barth. Un monde plus doux, hors du temps, centré autour des valeurs du foyer, et inévitablement, autour de la cuisine. Et bien que je ne sois pas une fanatique du colombo de cabrit, j'apprécie grandement d'autres traditions culinaires de l'île. Au sommet de ma liste je place la galette, un petit pain rond qui ressemble un peu à un biscuit. Ma belle-mère est une véritable spécialiste, et quand elle en fait, ils disparaissent en un rien de temps, on n'a même pas le temps de prononcer le mot galette. Ca se mange chaud, avec un morceau de beurre dégoulinant, et on s'en met plein les doigts. Miam miam. Ou pour le réveillon de Noël, vous pouvez faire des sandwiches de galettes chaudes garnies de foie gras ou de saumon fumé. Encore meilleur. Il y a de ça quelques semaines, pendant la fête du quartier de Flamands sur la plage, il y avait des galettes et du bouillon de poulet au menu. Pour trois euros, vous aviez droit à une galette et un bol de soupe, et pour 50 cents, une galette de plus. Ce dimanche-là, une femme vivant à l'autre bout de Flamands, dans un endroit appelé la Pointe, avait cuit une grande fournée de galettes qu'elle voulait offrir à l'organisation, car toute ces festivités sont organisées par une association à but non lucratif. Mais il se passa quelque chose d'étrange. Dès que quelqu'un vint chercher les galettes de Florise à la Pointe afin de les apporter sur les lieux du barbecue sur la plage, d'autres résidents de la Pointe se mirent à le suivre. Ils firent provision de bouillon et de galettes, ainsi que de cuisses de poulet et de ribs et regagnèrent la Pointe avec leur butin. Florise aurait aussi mieux fait d'installer un stand devant la charmante case Saint-Barth qu'elle partage avec sa soeur, ce qui aurait évité à tout le monde cette marche sous le chaud soleil de midi. Quant à moi, j'étais en train de me régaler d'une galette quand j'aperçus une américaine en vacances à Flamands. Je lui en donnais un morceau et elle apprécia beaucoup. Ces galettes sont certainement bien meilleure qu'une baguette trop dure ou qu'un croissant trop mou. C'est ainsi qu'à son retour aux Etats-Unis, elle me demanda la recette par mail; je me dis alors que c'était l'occasion de m'y mettre. Mais où trouver la recette? Est-ce que les femmes Saint-Barths pouvaient partager leurs secrets de cuisine, où est-ce qu'elles cuisinaient à l'instinct cmme ma grand'mère : un peu de ceci, un peu de cela, et on se régalait. Mais le Lions Club vint à mon aide. En 1989, il avait édité un livret qui s'appelait "La cuisine de nos grands-mères", où figurait la recette des galettes rôties. Je savais que ma belle-mère les faisait frire, aussi j'aménageais un peu la recette, malaxant les quatre tasses de farine, la tasse d'eau, la levure et le sel pour en faire un truc infâme (c'est là que je me souvins qu'en maternelle l'eau et la farine servait à faire de la colle). Après avoir rajouté de la farine, je parvins à faire une dizaine de galettes de forme bizarre, et j'attendis les 15 minutes réglementaires avant de les faire frire. Et je dois dire que pour une première tentative, elles n'étaient pas trop mauvaises. Je ne pense pas en être arrivée au point de les confectionner en gros pour la fête de Flamands de l'année prochaine, mais qui sait? D'ici là, les miennes auront peut-être atteint la légèreté et le bon goût des meilleures...
  A Bientôt,
  Ellen Lampert-Greaux

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