Vue d'Ici:
    Ellen Lampert-Greaux d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
    Avril 2006
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    Débordée, complètement débordée
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Nous voilà mi-avril, même presque fin avril, et mes lecteurs doivent se demander ce que je fabrique. Je vais tout vous dire. J'ai été débordée, complètement débordée. Mon job salarié m'a emmenée loin de l'île, d'abord à Toronto pour l'ouverture de la version théâtrale du Seigneur des Anneaux, pour laquelle acteurs et assistants sont un peu plus nombreux que les habitants de St- Barth. Du moins, on en a l'impression... puis à Louisville, pour une conférence sur le théâtre et le Festival Humana de nouvelles pièces, où j'ai vu une très intellectuelle vanité sur l'art de Joseph Cornell, mise en scène par Anne Bogart. Puis, retour à St-Barth, pour me préparer au 11ème St Barth Film Festival, qui se tient à la fin de ce mois-ci. Au même moment, ma petite-fille Melissa est venue me rendre visite, pour la première fois toute seule (sans sa maman !). Ce qui a entraîné 10 jours de voile, natation, repas, shopping, (ai-je mentionné des repas ?), et visite de l'île à travers les yeux d'une fille de 13 ans. Ce qui n'est pas possible bien sûr, ayant plus d'une fois été reléguée dans la catégorie des vieux croûtons. Elle était là pour la période de Pâques et trouvait amusant d'aller camper sur la plage, une absence annuelle dans le bon sens habituel des locaux. À mon âge, le confort de mon lit queen size gagne toujours la partie plutôt que de dormir dans une tente surchauffée envahie de bestioles. La seule idée de camper me fait rentrer sous les draps. Tous les ans, je suis émerveillée par les armées de gens qui estiment qu'il n'y a rien de mieux à faire que de remplir une camionnette avec des tentes, chaises, tables, réchauds, casseroles et poêles, monceaux de nourriture, milliers de cuisses de poulet et de hamburgers, torches, sacs de couchage, oreillers, serviettes, bâches, boogie-board, et tout le bazar, et de jeter son dévolu sur une des plages pour le week-end pascal. Rien que ce travail-là devrait dégoûter n'importe quelle personne saine d'esprit. Mais chaque année, dès le jeudi avant le Vendredi Saint, les plages sont parsemées d'intrépides campeurs qui viennent profiter de leurs amis et de leurs familles. Peut-être qu'ils font cela pour casser la routine. Mais si vous voulez mon avis, ce serait bien plus simple d'échanger nos maisons pour le week-end, s'il s'agit simplement de changer de rythme. Nous nous sommes limités à un pique-nique, et rien que pour l'organiser, il nous a fallu mobiliser le corps des ingénieurs de l'armée de terre. Mais trêve de plaisanterie, aller camper le week-end de Pâques est une tradition très appréciée à Saint-Barth, et peut-être sert-elle à introduire, après la saison d'hiver, la chaude saison de l'été et ses jours plus tranquilles. En tous cas, tout le monde est désormais rentré sans encombres à la maison, affûtant ses armes pour attaquer les activités des semaines à venir. Premier sur la liste, le concours de billes, dont le gagnant ira se battre au niveau régional, puis national. Si vous ne connaissez pas, il faut que vous vous arrêtiez sur le parking du supermarché Match à St-Jean pour voir ça. Puis vient le festival du film, l'arrivée de la transat AG2r à la voile, le festival de théâtre annuel, avec un Jour du livre coincé quelque part là-dedans. Nous allons accueillir plus de 20 cinéastes, directeurs de l'image, producteurs, actrices et assistants pour le festival du film. Si je survis, je vous raconterai tout !
    A Bientôt,
    Ellen Lampert-Greaux
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