Editorial:   Votre rédacteur a découvert Saint-Barth en 1968 et y réside depuis plus de vingt ans. Il vit avec sa famille franco-américaine sur les hauteurs de Lorient depuis lesquels il contemple fasciné le film d'un mode de vie unique et paisible se dérouler devant ses yeux.
  Juillet 1999
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  L'usage des superlatifs a été tellement abusé qu'aujourd'hui il est difficile de décrire simplement et directement la force que peu atteindre un ouragan mature.
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  Sir Sir Francis Beaufort, à son époque, n'avait pas ce problème.
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  Officier naval britannique au XIXème siècle, il est à l'origine l échelle de condition des vents qui porte son nom, destinée aux marins, et toujours utilisée aujourd'hui. Il divisa l'éventail des possibles en douze sections auxquelles il attribua des numéros ainsi que, des commentaires parfois d'un charme inopiné.
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  Un extrait de cette table :
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   "Force Six - Vent Fort - de 37 à 47 kilomètres heure - Les grandes branches bougent; les fils du télégraphe sifflent; il est difficile de se servir d'un parapluie." De temps en temps il approchait la poésie : "Force Cinq - Vent de 28 à 36 kilomètres heure - Les arbustes en feuilles commencent à osciller; des vaguelettes se forment sur les eaux intérieures."
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  Quand il atteignit le sommet de l'échelle, une brutale réalité remplaça le charme et la poésie :
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  "Force Douze - Ouragan - Vent de plus de 110 kilomètres heure - Dévastation."
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  Dévastation. Combien de temps Sir Francis s'est-il attardé sur le choix de ce mot qui résume tout ce qu'il savait d'un vent capable de raser une forêt, d'effacer la séparation entre la mer et le ciel et de précipiter les vestiges de la flotte de Sa Majesté sur les hauteurs d'un village côtier ? Il connaissait certainement l'événement clé qui lança ses compatriotes sur le chemin de la gloire:
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  En 1588, l'Armada espagnole navigua au nord afin d'humilier par la force les Anglais. Cent trente vaisseaux, chargés de vingt mille hallebardiers, dragons, canonniers et soldats, tous disciplinés et féroces, se lancèrent en mer.
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  A l'entrée de la Manche, leur redoutable formation fut prise d'assaut par une tempête en rotation d'une puissance impressionnante. Les vaisseaux furent éparpillés d'abord dans une direction, puis dans une autre. Des douzaines furent écrasées et coulèrent, d'autres navires furent précipités sur les côtes rocheuses Françaises, alors que certains bâtiments se retrouvèrent vers le Sud de l'Irlande. Alors que la tempête se calmait, les vestiges de l'Armada se regroupaient.Elle fut alors une proie facile pour la flotte Anglaise qui s'était retirée dans le port bien abrité de Plymouth durant l'ouragan.
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  Trente bateaux rentrèrent en Espagne, équipages et soldats remerciant Dieux d'être de retour, embrassant la terre battue et sale de l'autre coté de la passerelle. Leur défaite mis fin pour toujours à la domination Espagnole des mers, donnant une chance aux Anglais, qui remodelèrent les formes d'exploration et d'exploitation du Nouveau Monde, firent le tour du monde et bâtir le plus grand empire ayant jamais existé.
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  L'Armada espagnole fut battue à deux reprises : d'abord par un cyclone, puis par les vaisseaux et marins agiles de la flotte Royale de la Reine Elisabeth. Le destin de nos ancètres et le notre a été modifié par un cyclone en fin de course qui naquit sous les tropiques et traversa deux fois l'Atlantique: une machine à chaleur tourbillonante d'air humide: 78% nitrogène, 21% oxygène et 1% d'un mélange d'argon, de dioxide de carbone, d'hélium, de Krypton, néon, xénon, fumée de bois, pet de vache, le tout mis en mouvement par le tournoiement irrépressible de la Terre.

  A bientôt pour d'autres commentaires ...

  Peter O'Keefe


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