Les Nouvelles
- bimensuelles -
Par Cécile Lucot
D’origine bordelaise, Cécile Lucot s’est installée à St-Barth en 1995. Après avoir collaboré au St-Barth Magazine pendant six ans, elle a travaillé pour le quotidien d’informations locales Today. Elle est actuellement rédactrice en chef du magazine de la Famille Les Enfants de St-Barth et présente une à deux fois par mois sur St. Barth Online une synthèse de l’actualité des quinze derniers jours.
20 février 2009- #100

Les recherches de Don Comb

 

Jean BelottiDon Comb est un scientifique américain qui a fondé dans les années 1970 New England Biolabs, un laboratoire regroupant des scientifiques expérimentés qui est maintenant  un des plus important producteur mondial de substances pour l’industrie des biotechnologies. Amoureux de l’île depuis plus de trente ans, il a aménagé dans sa villa de Lorient un laboratoire qui lui permet de poursuivre ses recherches lorsqu’il séjourne à St-Barth.

Avec ses collègues, il travaille actuellement à la mise au point de techniques permettant de convertir en éthanol la cellulose des végétaux ainsi que la chitine, une substance organique présente dans la cuticule de la coquille des langoustes, crabes, crevettes et insectes. L’objectif est de trouver une substance bon marché et de production facile en grande quantité pour remplacer le pétrole dont nous savons tous que les réserves mondiales sont en cours d’épuisement.
Aujourd’hui, tous les déchets végétaux sont déversés dans le compost ou brûlés avec les ordures ménagères comme les coquilles de crustacés. Ces deux substances organiques très abondantes sur notre planète sont composées de longues chaînes de molécules de sucre qui peuvent être transformées en éthanol lorsqu’elles sont associées à certaines levures spécifiques. Afin de convertir la cellulose en sucre (glucose), les scientifiques de New England Biolabs cherchent à isoler certaines protéines de cellules d’animaux qui se nourrissent de cellulose, tels que certaines chenilles, les bernard-l’ermite, les champignons et beaucoup d'autres organismes de vie.

Pour convertir la chitine en sucre (glucosamine), ils travaillent en collaboration avec le Docteur Saul Roseman de l’université Johns Hopkins qui a réussi à génétiquement modifier une bactérie permettant de dégrader la chitine en molécules de sucre. La dégradation de la cellulose est la plus difficile à obtenir car il faut passer par au moins trois différentes enzymes pour accomplir ce travail de transformation. Un des objectifs de ces recherches est également de trouver les meilleurs clones de bactéries afin de pouvoir produire chaque enzyme en quantité commerciale suffisante. Don Comb utilise son laboratoire à St-Barth pour analyser une variété d'organismes dont l’ADN comprend ces enzymes particuliers. « Mon souhait est de fournir au monde un outil bon marché qui permette de convertir en éthanol la cellulose et la chitine et ainsi trouver une substance remplaçant le pétrole ».


 

Mise en route de la construction d’un EPAD

 

Financée par la Collectivité qui en est également le maître d’œuvre (compétence récupérée depuis le passage en COM auprès du département), la construction d’un établissement pour personnes âgées dépendantes (EPAD) a récemment été validée par les élus. Dans un communiqué de l’hôtel de la collectivité, le président de la COM St-Barth Bruno Magras a annoncé que le Premier ministre François Fillon, avait réuni le 2 février dernier à Lyon le Comité Interministériel d’Aménagement et de Compétitivité des Territoires (CIACT) consacré au plan de relance de l’économie annoncé par le président de la République le 4 décembre 2008 à Douai. Le CIACT a validé la répartition territoire par territoire d’un ensemble d’opérations s’inscrivant dans le cadre de ce programme exceptionnel d’investissement, à hauteur de plus de 26 milliards d’euros, soit 1,3 % du PIB. Plus de 1000 opérations prêtes à être lancées en 2009 sont réparties dans l’ensemble des régions, dont la Collectivité de St-Barthélemy qui devrait bénéficier du Fonds Exceptionnel d’Investissement pour la construction de l’EPAD avec des crédits qui devraient être à hauteur de 2,1 millions d’Euros, permettant ainsi d’engager dès cette année la construction de cette structure.

Le projet prévoit la réalisation de ce lieu de vie pour les seniors non autonomes sur un terrain jouxtant l’hôpital de Bruyn à Gustavia. Adapté aux besoins et aux handicaps des anciens, l’établissement pourrait accueillir une vingtaine de résidents suivis par leurs médecins de ville. Placé idéalement à côté de l’hôpital de Bruyn dont les travaux de rénovation et d’extension sont en cours, l’EPAD travaillera en étroite collaboration avec l’hôpital tout en restant indépendant. Les soins de kinésithérapie par exemple seront effectués dans une des salles actuellement en construction dans le nouveau bâtiment. La résidence des seniors bénéficiera d’un financement triparti : un tiers par la sécurité sociale pour la partie soins médicaux, un deuxième tiers relatif à la dépendance pris en charge par la collectivité qui a récupéré cette compétence auparavant détenue par le conseil général de Guadeloupe et le dernier tiers concernant l’hébergement restant à la charge du patient et de sa famille. La collectivité a lancé un appel d’offres aux architectes, les élus souhaiteraient symboliquement poser la première pierre de l’EPAD avant la fin de l’année pour une inauguration courant 2011.



Le chantier d’agrandissement actuellement en cours de l’hôpital de Bruyn a pour objectif la mise aux normes des structures existantes ainsi que la construction d’un nouveau bâtiment dans lequel seraient regroupés les lits de médecine sur un seul niveau. Les services administratifs seraient regroupés dans la partie basse où sont actuellement soignées en gériatrie les 7 personnes âgées.

Bonne nouvelle pour les femmes enceintes, les plans de l’extension de l’hôpital prévoient une salle polyvalente destinée à accueillir les soins de kinésithérapie mais également les préparations à l’accouchement effectuées par des sages-femmes venant régulièrement de St-Martin, alors qu’actuellement rien n’existe sur l’île pour les futures mamans.

 A Bientôt

  Cécile Lucot