Les Nouvelles
- bimensuelles -
Par Cécile Lucot
D’origine bordelaise, Cécile Lucot s’est installée à St-Barth en 1995. Après avoir collaboré au St-Barth Magazine pendant six ans, elle a travaillé pour le quotidien d’informations locales Today. Elle est actuellement rédactrice en chef du magazine de la Famille Les Enfants de St-Barth et présente une à deux fois par mois sur St. Barth Online une synthèse de l’actualité des quinze derniers jours.
2 novembre 2008 - #96

Cyclone Omar : plus de peur que de mal

Cyclone Omar

Nous pensions avoir passé une saison cyclonique supplémentaire sans véritable inquiétude quand dans la nuit du mercredi 15 au jeudi 16 octobre, la tempête tropicale Omar a décidé de faire une route Nord/Nord-Est et de passer non loin de nos côtes.

Depuis le début de cette semaine, la population des îles du Nord se préparait au passage d’une masse de mauvais temps située dans la mer des Caraïbes au nord du Panama mais personne ne pensait que la tempête Omar passerait en cyclone de catégorie 3 en deux jours. Le mercredi soir 15 octobre, commerces et habitations avaient été fermés et les habitants de St-Martin et de St-Barth, confinés, attendaient le passage du cyclone, les yeux rivés sur les sites météorologiques internet pour surveiller l’évolution de l’ouragan remontant sur une route Nord/Nord-Est, le faisant passer à une centaine de kilomètres au Sud-Ouest de St-Martin.
À St-Barth, les effets du phénomène se sont fait ressentir entre 1h et 5h du matin. Peu de pluie, 50 mm tombés sur l’ensemble du phénomène, des vents de 100 Km/h en moyenne avec des rafales atteignant 130 à 140 km/h entre 4h et 5h mais surtout une forte houle qui a endommagé la côte Sud-Ouest de l’île et tout particulièrement le port de Gustavia. Les plages de Gouverneur, Saline, Shell Beach, Public, Corossol et Colombier ont perdu du sable mais déjà 15 jours après le passage d’Omar, les plages naturelles telles Saline ou Gouverneur commencent à récupérer le sable ramené petit à petit par le mouvement des vagues. Avant d’être engraissée avec le sable du fond de la rade lors des travaux d’agrandissement du port au début des années 80, Shell Beach portait le nom d’anse Grand Galet, à l'époque une baie sans véritable plage de sable bordée par de gros blocs de roches volcaniques. L’anse a retrouvé sa physionomie passée, comme après le passage du cyclone Luis en septembre 1995, le sable de la plage est désormais au fond de la baie et le mouvement naturel des vagues va mettre quelques années pour redéposer sable et coquillages sur la berge.

À 6h le jeudi matin, Omar, situé à 110 Kms au Nord-Ouest de St Martin s’éloignait rapidement des îles en se déplaçant à 40 Kms/h pour s’affaiblir régulièrement et se dissoudre le lendemain sur l’océan Atlantique. À Saline, Lorient ou Petit Cul-de-Sac, le passage de l’ouragan n’a pas été ressenti et les résidents ont passé une nuit tout à fait normale. Seuls les jardins dans les hauteurs des mornes ont eu quelques branches cassées et des feuilles tombées. Les dommages les plus importants étaient concentrés sur Gustavia, zone normalement protégée exception faite de la houle de Sud-Ouest. Pendant la nuit, les vagues déferlant par-dessus les Ti Saints, s’engouffraient par le terrain de basket de Petit Galet pour venir inonder la rue Courbet passant devant collège Mireille Choisy et certaines maisons construites de plain-pied. Le terrain de basket est détruit et depuis la réouverture des écoles de la ville le lundi 20 octobre, l’activité a été déplacée dans la cour de l’école primaire de Gustavia. Dans l’enceinte du collège, l’eau salée est montée sur une vingtaine de centimètres et quelques classes en rez-de-chaussée ont été inondées. À l’hôtel de la collectivité, seules quelques traces de pénétration d’eau étaient à déplorer et dans un message publié dans la presse, le Président a remercié les bénévoles ainsi que l’ensemble du personnel de la collectivité d’avoir aidé à la remise en état des infrastructures.
Du côté de l’entrée de la ville, la route entre Public et la pharmacie de Gustavia était envahie par les roches soulevées par la houle comme le parvis et le parking de l’hôtel de la collectivité. En début de matinée les vagues passaient encore bien au-dessus du quai de la halle aux poissons et de la gare maritime, deux bâtiments endommagés par l’assaut répété de la houle. Le quai en bois le long de la rue du bord de mer n’a pas résisté et les plantes du jardin de la rue de la République ont été arrachées ou brûlées par les vagues. Le chiffre n’est pas définitif mais il semblerait que 7 ou 8 bateaux aient disparu. Un voilier de 15 mètres a coulé devant la capitainerie, un autre s’est échoué sur le parking de l’hôtel de la collectivité et un troisième a cassé ses amarres pour venir cogner sur le quai du port de Public. Dès le jeudi matin, les employés des services techniques aidés de tractopelles ont déblayé les rues avant que les sapeurs-pompiers ne les nettoient à l’aide des lances à eau. La ville a été rouverte à la circulation à 17h le jeudi soir. Le lendemain, plaisanciers et marins pêcheurs aidaient les employés du port à nettoyer le fond de rade rempli d’algues, de détritus et des planches du quai à l’aide de grandes fourches. La production d’eau douce avait été arrêtée dès le mardi soir lorsque les premiers effets de la houle avaient commencé à être ressentis et les installations ont pu être rouvertes le vendredi pour reproduire de l’eau douce le samedi, lorsque la mer s’est apaisée. À Public, le deck de l’école de voile a disparu, mais les rideaux anticycloniques de protection du bâtiment ont résisté, dériveurs et Optimists sont restés bien à l’abri à l’intérieur. Dès le jeudi en fin de matinée, l’aéroport était rouvert et les liaisons maritimes autorisées.

Quinze jours après le passage d’Omar, les seules traces encore visibles du cyclone à Gustavia sont la pelouse de couleur jaune des jardins bordant la rue de la République et l’absence du quai longeant la rue du bord de mer. Les commerces en bord de mer du côté de la Pointe, pourtant durement endommagés, ont rouvert en début de semaine. Le premier bateau de croisière est arrivé le 26 octobre et le premier motor-yacht s’est amarré quai Général de Gaulle le 30 octobre. La halle aux poissons a rouvert lundi 27 octobre et la rénovation actuelle de la gare maritime ne gêne pas l’accostage des bateaux assurant les liaisons St-Martin/St-Barth. Sophie Oliveaud, directrice des services techniques de la collectivité estime les travaux de réparation des biens de la collectivité entre 750 000 et 1 million d’euros. Le quai de la rue du bord de mer ne sera pour le moment pas refait, avant le passage du cyclone, les élus projetaient déjà de le reconstruire en dur, des travaux programmés en 2009, après la haute saison touristique. Lundi 27 octobre, le président s’est finalement décidé à saisir le préfet des Iles du Nord Dominique Lacroix et à demander le classement en catastrophe naturelle du secteur sud de l’île incluant Gustavia, Corossol et Public.

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