Les Nouvelles
- bimensuelles -
Par Cécile Lucot
    D’origine bordelaise, Cécile Lucot vit à St-Barth depuis onze ans. Après avoir été rédactrice en chef du St-Barth Magazine pendant six ans, elle a travaillé pour le quotidien d’informations locales Today. Elle écrit régulièrement pour différents magazines et présente une à deux fois par mois sur St. Barth Online une synthèse de l’actualité des quinze derniers jours.
  6 Novembre 2006 - #64
Saint-Barth : fermeture des plateformes de dépôt des déchets ménagers

tritou saint barth Trop d’abus, voilà l’unique raison qui a poussé les autorités à fermer les dernières plateformes de dépôt situées à Pointe Milou, Vitet et Colombier. Marceau Danet, responsable du service de propreté, est le premier à le regretter, considérant même que cette fermeture est pour tout le personnel du service une régression de la qualité des conditions de travail. Il était en effet plus rapide et facile d’accrocher les vastes bennes de stockage aux camions de ramassage plutôt que de collecter à la main sac après sac. Malgré une massive campagne d’information et de nombreuses mises en garde, certains habitants continuaient à utiliser les zones de dépôt des ordures ménagères pour entreposer vieux matelas, machines à laver et autres encombrants en tout genre alors qu’il est de règle de s’en débarrasser par ses propres moyens en les apportant au service de propreté. L’incivisme de la population a également eu pour conséquence l’arrêt du broyeur, en panne depuis bientôt un mois. Celui-ci n’a plus supporté de réduire en petits morceaux les objets métalliques non triés et normalement destinés à une presse spéciale à métaux.

Alors qu’en France continentale, le tri sélectif est imposé dans toutes les communes et que chaque foyer se doit de trier verres, plastiques, cartons, métaux et déchets organiques, les autorités de l’île ne sollicitent des habitants que le tri séparé du verre et des objets métalliques, le reste des déchets étant incinéré. Il est d’usage que les autres déchets tels végétaux et autres encombrants doivent être apportés au service de propreté dont le personnel s’occupe de l’élimination contre le règlement au guichet d’une somme calculée en fonction du poids. Comme dans toute société, certains se montrent toujours récalcitrants à une démarche pourtant impérative de préservation de l’environnement. Ces dernières semaines, la presse hebdomadaire a fait paraître de nombreuses photos de sites de l’île montrant des sacs plastiques remplis de détritus, percés ou éventrés, déposés à n’importe quelle heure de la journée ou de la nuit au bord des routes allant ainsi à l’encontre de l’arrêté municipal obligeant le dépôt des sacs le matin entre 6h et 7h, juste avant le passage du camion de ramassage…Encore plus incroyable, des objets métalliques visiblement destinés à la poubelle, abandonnés près de containers privés débordants d’ordures quelques heures à peine après avoir été vidés par le personnel du service de propreté ! Les anciens rétorquent encore parfois que « de leur temps, tout cela n’existait pas et qu’il était tellement plus simple de tout jeter à la mer »…

Les conseillers municipaux pensaient que ces plateformes étaient la solution, deux ans après la mise en service de celle de pointe Milou, les mauvaises habitudes de la population les ont obligés à changé d’avis. Au mois d’août, les habitants reçoivent la redevance municipale à payer au titre de leur contribution annuelle au traitement des déchets. Elle était accompagnée d’un courrier de la commune expliquant que le coût total en 2005 pour l’élimination de l’ensemble des ordures s’élevait à 2 350 000 euros (dont 1 million pour l’incinération) pour 1 100 000 euros de recettes. Les revenus couvrent à peine 47% des dépenses et la participation demandée aux habitants qui se monte à 560 000 euros et que certains ont du mal à régler, ne couvre que 24% de l’ensemble des charges.

Saint-Martin : Nouvel aérogare de Juliana

Le nouveau bâtiment d’accueil des passagers a ouvert ses portes le 24 octobre. Style épuré à l’enregistrement, couleurs aux arrivées et décoration caribéenne avec frises pour le hall d’embarquement caractérisent les trois halls spacieux et entièrement climatisés construits en moins de deux ans à côté de l’ancienne aérogare. Dans le hall d’embarquement, fauteuils en cuir beige et lampe de lecture donnent une ambiance élégante et feutrée au salon « classe affaires », un fumoir a été prévu pour les accros à la cigarette jusqu’à présent obligés d’aller se cacher dans les toilettes pour respirer une bouffée de tabac, une vingtaine de boutiques et une dizaine de restaurants permettent de faire les derniers achats et d’apaiser les petits creux. L’embarquement s’effectue toujours à pied ou par autobus pour les petits avions tandis que l’accès aux longs courriers se fait par des rampes d’accès. À l’arrivée, trois carrousels permettent de récupérer les bagages et les loueurs de voitures ont été installés dans des espaces situés devant la sortie. Plus de 90 millions de dollars ont été investis dans ces travaux devenus impératifs face à l’inadéquation de l’ancien terminal devenu vétuste et obsolète. La capacité d’accueil des passagers de la nouvelle aérogare a été pratiquement doublée passant de plus de 1 million à 2,5 millions de passagers. La population saint-martinoise est venue en nombre à l’annonce de la journée portes ouvertes organisée quelques jours après l’ouverture. L’inauguration officielle est prévue le 10 novembre, en présence de la reine Béatrix des Pays-Bas qui a célébré cette année ses 25 ans de règne après avoir succédé à sa mère la reine Juliana. De nombreuses personnalités de Saint-Barth dont le maire Bruno Magras et ses adjoints ont été conviés aux festivités qui se prolongeront le 11 novembre, jour de commémoration en France de l’armistice de la première guerre mondiale 14/18. Quant à l’ancienne aérogare, sa démolition devrait être terminée avant la fin de l’année.

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