Les Nouvelles
- bimensuelles -
Par Cécile Lucot
    Cécile Lucot vit à St-Barth depuis neuf ans. D’origine bordelaise, cette journaliste professionnelle a été la rédactrice en chef du St-Barth Magazine pendant six ans. Elle est actuellement reporter pour le quotidien d’informations locales Today et collabore régulièrement avec divers magazines comme Mer Caraïbes et Tropical. Cécile présente 1 à 2 fois par mois sur St. Barth Online une synthèse de l’actualité des 15 derniers jours.
  21 Octobre 2005 - #49

Collecte sélective des déchets ménagers : Bien mais peu mieux faire

Pendant que les plages et les rues de l’île servent de décor à des photos de mode pour les marques Tommy Bahama, Calvin Klein et Damart, la mairie de Gustavia a abrité un important renouvellement de partenariat entre la municipalité et l’entreprise Eco-Emballages.

Depuis 1992, l’état français fait obligation aux industriels qui vendent des produits emballés à destination des ménages de recycler ou de faire recycler les emballages. Eco Emballages est née du choix des industriels français de sous-traiter la gestion du recyclage. Société agréée par l’état, Eco Emballages mutualise les fonds versés par les industriels et les dépense auprès des collectivités locales partenaires. Elle est actuellement sous contrat avec 33 000 communes qui se sont engagées à collecter et trier cinq matériaux : l’acier, l’aluminium, le papier, le plastique et le verre. En contrepartie Eco Emballages leur reverse une contribution fonction des tonnages recueillis et prend en charge le recyclage et le transport.

Saint-Barth a été la première commune d’outre-mer a signé un contrat en 1998 avec Eco Emballages. Un contrat fait sur mesure pour l’île et qui comporte une clause dérogatoire validée par le Ministère de l’Environnement. L’île en effet ne collecte que trois matériaux, l’acier, l’aluminium et le verre. Le papier et le plastique restent mélangés aux déchets incinérés utilisés comme combustibles servant à la production de vapeur d’eau qui rentre dans le processus de fabrication de l’eau douce.

À Public, le service de propreté a été peu à peu réaménagé pour permettre la mise en application de cette collecte sélective. Il a été doté d’une nouvelle plate-forme de tri, d’un nouveau broyeur et d’une unité d’incinération moderne qui est un modèle du genre dans la Caraïbe. Les carcasses de voitures compressées et le fer sont acheminés par barge vers le Vénézuéla. L’aluminium et les batteries repartent par containers vers la métropole comme le verre retraité à Bordeaux et réutilisé pour fabriquer des bouteilles. Une solution qui fonctionne techniquement mais non satisfaisante tant au niveau économique qu’environnemental. Les responsables d’Eco Emballages cherchaient une autre solution, moins onéreuse et intégrant la philosophie du développement durable. Dans la Caraïbe, ils ont trouvé deux verreries, l’une à Trinidad et l’autre à Saint-Domingue. Mais aucun accord n’avait pu être pris car les deux usines fabriquent des bouteilles en verre incolore alors que le verre collecté dans les îles du Nord est coloré. Un chiffrage du prix du transport entre Saint-Barth et Saint-Domingue à révéler un coût deux fois plus important que sur la liaison St-Barth-Bordeaux. Autre problème, une saturation des filières de recyclages du verre au niveau européen qui impose de rechercher d’autres débouchés que la fabrication de bouteilles. C’est en réfléchissant à un débouché de proximité que les plans d’une structure de retraitement installée à Saint-Martin ont été imaginés. Une société de Saint-Barth partenaire d’Eco Emballages a présenté le projet de construction d’une unité industrielle permettant de fabriquer du sable et du gravier à partir du verre collecté dans les Iles du Nord. Ces matériaux peuvent être ensuite utilisés en sous-couche routière, pour la pose de canalisations et la filtration d’eau des piscines. Cette unité de transformation est actuellement en phase finale de montage et devrait être opérationnelle début 2006.

La majorité des habitants de St-Barth ont compris l’intérêt du tri sélectif, mais il reste encore une frange d’irréductibles réfractaires. Beaucoup se sont organisés et regroupent verre, aluminium et fer dans des sacs plastiques transparents que les employés du service de propreté ramassent toutes les semaines. Près de 750 tonnes de verre sont collectées mais le potentiel est de 1000 tonnes. Quant à l’acier et à l’aluminium, les poids collectés sont en baisse depuis 2004. Si en 2002 14,7 tonnes d’aluminium domestique, principalement les cannettes, avaient été collectées, en 2004 le chiffre est passé à 10,7 tonnes en 2005, soit une baisse de 28%. La collecte des boîtes de conserve a elle diminué de 15%.

Bien que ces chiffres montrent que Saint-Barth est un bon élève qui peut mieux faire, l’île reste à l’avant-garde des DOM dans ce domaine. L’ensemble des communes de la Martinique et de la Réunion viennent de passer au tri sélectif. Quant à la Guadeloupe et à la Guyane, malgré l’obligation réglementaire, aucun plan d’élimination et de retraitement des déchets n’a encore été mis en place.
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