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    Peter O'Keefe a découvert Saint-Barth en 1968 et y réside depuis plus de vingt-cinq ans. Il vit avec sa famille franco-américaine sur les hauteurs, surplombant St-Jean et Saline, d'où il contemple fasciné l'évolution d'un mode de vie unique se dérouler devant ses yeux.

    Septembre 2005

    Ouragans
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Vivre sur un île de la Caraïbe, comme St-Barth, c'est vivre avec l'éventualité de devoir faire face à un ouragan dévastateur. En fin d'été, et en automne, période pendant laquelle ces tempêtes sont le plus à même de se produire, la communauté se met progressivement sur le qui-vive.

La probabilité d'un cyclone dangereux passant directement sur St-Barth est actuellement très faible, mais les conséquences peuvent d'une telle ampleur que chaque résidant a un plan pour protéger ses biens et sa vie en cas d'impact.

Les ouragans naissent dans les latitudes tropicales de l'Océan Atlantique Nord. Durant leur courte vie, ils affichent une telle puissance que les meilleurs efforts de l'humanité ne peuvent ni commander, diminuer, ou influencer de quelque façon.

Sir Francis Beaufort, officier naval britannique du XIXème siècle, est à l’origine d’une échelle des conditions des vents destinée aux marins, toujours utilisée aujourd’hui. Il divisa l’éventail des possibles en douze sections auxquelles il attribua des numéros ainsi que, des commentaires parfois d’un charme inopiné.

Un extrait de cette table : “Force Six - Vent Fort - de 37 à 47 kilomètres heure - les grandes branches bougent; les fils du télégraphe sifflent; il est difficile de se servir d’un parapluie". De temps en temps il approchait la poésie : “Force Cinq - Vent de 28 à 36 kilomètres heure - Les arbustes en feuilles commencent à osciller; des vaguelettes se forment sur les eaux intérieures.”

Quand il atteignit le sommet de l’échelle, une brutale réalité remplaça le charme et la poésie : “Force Douze - Ouragan - Vent de plus de 110 kilomètres heure - Dévastation.”

Dévastation. Combien de temps Sir Francis s’est-il attardé sur le choix de ce mot qui résume tout ce qu’il savait d’un vent capable de raser une forêt, d’effacer la séparation entre la mer et le ciel et de précipiter les vestiges de la flotte de Sa Majesté sur les hauteurs d’un village du bordant l'océan. Il connaissait certainement l’événement clé qui lança ses compatriotes sur le chemin de la gloire.

En 1588, l’Armada espagnole navigua au nord afin d’anéantir les Anglais. Cent trente vaisseaux, chargés d'une populace féroce et disciplinée: vingt mille hallebardiers, dragons, canonniers, se lancèrent en mer.

A l’entrée de la Manche, leur redoutable formation fut prise d’assaut par une tempête en rotation d’une puissance impressionnante. Les vaisseaux furent éparpillés d’abord dans une direction, puis dans une autre. Des douzaines furent écrasées et coulèrent, d’autres navires furent précipités sur les côtes rocheuses Françaises, alors que certains bâtiments se retrouvèrent vers le Sud de l’Irlande. Quand la tempête se calma, les vestiges de l’Armada se regroupa. Elle fut alors une proie facile pour la flotte Anglaise qui s’était retirée dans le port bien abrité de Plymouth durant l’ouragan.

Trente bateaux rentrèrent en Espagne, équipages et soldats remerciant Dieux d’être de retour, embrassant la terre battue de l’autre coté de la passerelle. Leur défaite mis fin pour toujours à la domination Espagnole des mers, donnant une chance aux Anglais, qui restructurèrent les formes d’exploration et d’exploitation du Nouveau Monde, firent le tour du monde et bâtir le plus grand empire ayant jamais existé.

L’Armada espagnole fut battue à deux reprises : d’abord par un cyclone vieillissant, puis par les vaisseaux et marins agiles de la flotte Royale de la Reine Elisabeth. Le destin de nos ancêtres et le notre a été modifié par un cyclone en fin de course qui naquit sous les tropiques et traversa deux fois l’Atlantique: une machine à chaleur tourbillonnante d’air humide: 78% nitrogène, 21% oygène et 1% d’un mélange d’argon, dioxide de carbone, héxygène hélium, de Krypton, néon, xénon, fumée de bois, pet de vache, le tout mis en mouvement par le tournoiement irrepressible de notre planète: La Terre.

    A Bientôt,
    Peter O'Keefe
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