Les Nouvelles
- bimensuelles -
  Yves Bourel vit depuis plus de 10 ans à St-Barthélemy. Journaliste professionnel, il a été rédacteur en chef des deux journaux locaux. Il collabore actuellement à Radio St-Barth où il s'occupe de l'actualité politique et présente les nouvelles 2 fois par mois pour St. Barth Online!
  5 Septembre 2001 - Numéro 5
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  Un référendum en novembre
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  Août est traditionnellement le mois des fêtes des différents quartiers de l'île. A Flamands qui ouvre le bal fin juillet, à Lorient, Public, Gustavia et Corossol, de très nombreux Saint-Barths se retrouvent sur les plages et le quai de plaisance pour des week-ends de sports, de jeux et de rencontres.
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  Le point d'orgue des festivités est sans conteste le 24 août, c'est la Saint-Barthélemy. Ce jour-là a une saveur particulière dans la mesure où une forte dose de politique est inclue dans le programme des réjouissances.
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  Tous les ans, après un dépôt de gerbes au monument aux morts, le maire fait le bilan de l'année écoulée et dresse les perspectives pour celle à venir. Tout cela se déroule à la mairie, dans une salle bondée, selon un protocole bien établi, qui veut que le premier magistrat de la commune prenne la parole en premier, se félicite des décisions prises en collaboration avec ses conseillers municipaux qu'ils saluent avec insistance pour leur travail efficace au service de la collectivité. Dans son discours, le maire se fait également un devoir d'interpeller les personnalités présentes, présidents ou vice-présidents des conseils généraux et régionaux et représentant de l'Etat, qui généralement sont jugés responsables des quelques ratés en cours et qu'ils prient de bien vouloir faire diligence pour régler sans tarder les problèmes. Les plus exposés dans cet exercice sont souvent le préfet et le sous-préfet qui doivent goûter sans broncher depuis plusieurs années aux revendications parfois piquantes en matière d'évolution statutaire et de fiscalité. Bruno Magras, qui en est à sa septième allocution du 24 août, connaît bien la musique et il a respecté la coutume, il y a quinze jours, en dénigrant l'attitude de l'administration fiscale au comportement qui « n'est pas sérieux » et qui n'a fait « que des promesses non tenues », faisant allusion aux efforts déployés par les services fiscaux pour commencer à recouvrer les impôts nationaux à Saint-Barthélemy. Le sous préfet, Patrice Latron, a très bien digéré la sauce lâchant au passage que l'appartenance à la République impliquait le respect de certains règles fondamentales, sous-entendu le paiement de l'impôt.
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  Cette passe d'armes qui est restée très diplomatique ne doit néanmoins pas faire oublier que les relations ont toutes les chances de tourner à l'aigre entre Saint-Barthélemy et l'Etat Français. En effet, si les uns et les autres diffèrent sur les moyens, la grande majorité de la population s'entend sur l'objectif de ne pas payer les impôts directs. Il ne s'agit pas de ne pas participer financièrement au budget de la nation mais de mettre en place une fiscalité adaptée tenant compte notamment des spécificités et des acquis historiques de l'île particulièrement de ce que l'on appelle ici « l'héritage suédois ». La Suède en prenant possession de l'île le 1er juillet 1784 a établit pendant son siècle de souveraineté un système de port franc et d'exonérations fiscales que les gouvernements français ont toujours respecté depuis la rétrocession de l'île le 10 août 1877. Ce n'est qu'avec le changement de majorité en 1997 (hormis une courte période dans les années 1970 où plusieurs fonctionnaires et commerçants durent payer des impôts mais certains furent remboursés et les gouvernements imposèrent ensuite un statu quo d'exonération) que le vent a brusquement tourné.
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  « Le conseil municipal ne saurait encore longtemps rester inerte face à cette situation injuste et inacceptable » a menacé le maire, faisant de nouveau allusion à sa volonté de démissionner dès que le fisc procéderait à des recouvrements forcés. Et comme pour bien s'assurer que ses administrés suivaient la même partition que lui, Bruno Magras a annoncé l'organisation d'un référendum local sur l'évolution statutaire de l'île, une consultation qui pourrait avoir lieu au mois de novembre et qui donnera le « la » des événements à venir.

  A Bientôt,

  Yves Bourel


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