Les Nouvelles
- bimensuelles -
  Yves Bourel vit depuis plus de 10 ans à St-Barthélemy. Journaliste professionnel, il a été rédacteur en chef des deux journaux locaux. Il collabore actuellement à Radio St-Barth où il s'occupe de l'actualité politique et présente les nouvelles 2 fois par mois pour St. Barth Online!
  17 Août 2001 - Numéro 4
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  Accident d'avion du 24 mars
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  Le Bureau Enquêtes Accidents rend son rapport d'étape
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  Si la publication début août du rapport d'étape du Bureau Enquêtes Accidents (BEA) sur le crash qui a entraîné la mort de 20 personnes le 24 mars dernier n'apporte pas de révélations sur les causes de la catastrophe, il donne néanmoins des informations précises sur les investigations en cours et les éléments techniques et humains recueillis. Dans ce document, les quatre enquêteurs chargés du dossier font le point sur l'avancement de leur enquête technique au 15 juillet, une enquête technique qui, comme dans tous les accidents aériens, se déroule parallèlement à l'enquête judiciaire. Le rapport du BEA a pour unique objectif de faire des recommandations afin d'éviter que des accidents similaires ne se reproduisent à l'avenir.
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  A ce stade de l'enquête qui devrait durer encore plusieurs mois, les inspecteurs recommandent "la présence d'au moins un enregistreur de vol à bord des avions de transport public de neuf passagers et dont le poids maximal au décollage est inférieur ou égal à 5700 kg."
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  Le Twin Otter d'Air Caraïbes, qui s'est écrasé sur une maison à Public, n'en avait pas, conformément à la législation actuellement en vigueur qui autorise une dérogation pour ce type d'appareil. Avant de faire cette recommandation, le BEA constate ainsi qu'il "est regrettable que l'absence d'enregistreur de vol ne permette pas de déterminer rapidement les conditions des dernières minutes de vol."
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  Que s'est-il donc passé lors de ces dernières minutes? Le rapport ne le dit pas mais il dresse quand même un inventaire détaillé des premiers éléments réunis.
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  Au niveau mécanique, les enquêteurs n'ont pas, pour l'instant, décelé d'anomalie. Le Twin Otter était entretenu selon un programme d'entretien approuvé par l'aviation civile. Ils précisent notamment que "l'examen visuel des deux moteurs montre des dégâts homogènes et permet d'établir qu'ils délivraient une puissance significative au moment du contact avec le sol." Pas de problème de moteur donc et la porte de la soute à bagages a quant à elle bien été retrouvée, contredisant les affirmations de certains témoins qui disaient avoir vu des bagages tombés de l'appareil quelques secondes avant qu'il ne s'écrase. En fait, comme l'indique le rapport, il y avait bien eu un problème de fermeture de la soute arrière mais une réparation avait été réalisée avant le décollage de Saint-Martin.
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  En l'absence d'incident mécanique, y aurait-il eu alors défaillance humaine? Le BEA ne fait aucune conclusion non plus à ce sujet. On apprend seulement "qu'à ce stade de l'enquête, aucun élément médical et pathologique susceptible d'être en rapport avec l'accident n'a été mis en évidence.'' Les renseignements sur le personnel navigant montre que le pilote était un habitué de la liaison Saint-Martin/Saint-Barth. Jean-Paul Jerpan avait près de 10 000 heures de vols à son actif dont 5 000 heures sur Twin Otter. Le jour de l'accident il avait déjà effectué, tout comme son copilote, quatre atterrissages à Saint-Barthélemy. Le copilote de l'avion était lui beaucoup moins expérimenté avec seulement 15 heures de vols sur Twin Otter et 670 heures de vols au total. Il était employé depuis 4 mois par Air Caraïbes et devait quitter la compagnie aérienne quelques jours après le crash pour rejoindre un autre transporteur.
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  Après la publication de ce document, le BEA continue ses investigations avec notamment l'examen du film d'un caméscope retrouvé dans les décombres de l'avion. Cette vidéo a d'ores et déjà permis d'identifier "trois séquences" du vol TX 1501, "la première pendant la montée, une seconde en croisière, la troisième aux abords de l'île de Saint-Barthélemy." Ces images actuellement étudiées en laboratoire permettront peut-être d'en savoir un peu plus et d'expliquer pourquoi, après une approche qui semble à la majorité des témoins plus basses que celles qu'ils ont l'habitude de voir, le Twin Otter est parti en virage à gauche avant de piquer et d'exploser au sol quelques secondes plus tard.

  A Bientôt,

  Yves Bourel


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