Vue d'Ici:
    Ellen Lampert-Greaux d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
    Septembre 2006
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    Il faut trouver chaussure à son pied...
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Récemment, j'ai lu un article dans le New York Time mentionnant que les tongs étaient devenues les chaussures les plus portées à Los Angeles. De la plage à la chambre, et même sur le tapis rouge de des Academy Awards, ses chaussures sans prétention sont de rigueur pour les hommes comme pour les femmes, et le genre masculin s'est mis aux pédicures pour pouvoir exposer à tout bout de champ des doigts de pied bien soignés. Ils portent ces flip-flops dans tous les styles et toutes les couleurs, depuis la version à 1,99 dollars en plastique des bazars à 4 sous jusqu'aux modèles en autruche incrustés de pierres précieuses conçus par les plus grands stylistes en chaussures. A Saint-Barth, les tongs ont toujours été omniprésentes, les plus basiques étant les meilleures, et il serait parfaitement ridicule d'aller à la plage avec des escarpins de Gucci ou de Céline. Les tongs s'invitent partout, jusque dans les meilleurs restaurants, bien qu'elles puissent être un peu dangereuses au volant d'un 4x4. Ce qui m'amène sur le terrain des voitures. Saint-Barth était à une époque l'île des tongs et des mini mokes, ces petites voitures guère plus grandes qu'une voiture de golf, très pratiques pour se balader dans toute l'île. Tout le monde les aimait bien, même si l'absence de porte vous garantissait une bonne douche à chaque averse et qu'elles avaient un peu de mal parfois pour grimper les côtes les plus raides. Désormais, l'île semble être affectée du syndrome de la grosse bagnole. Si quelqu'un en achète une bien grosse, le voisin doit en trouver une encore plus énorme. Au point où sur l'île on voit déjà les plus petits Hummers ( si l'on peut dire, vu leur taille). Je ne pige pas. Comme dit mon ami Franck, « Mais où est-ce que vous allez avec ça ? » Après tout, le plus long trajet d'un point à un autre sur l'île, d'où que vous partiez, ne peut pas excéder une demi-heure, d'accord, peut-être 40 minutes d'un extrême à l'autre. Mais dites-moi, a-t-on vraiment besoin d'un moteur aussi puissant pour un trajet aussi court ? Notre vieille Feroza 4x4 toute défoncée (oui, celle avec un autocollant du club sportif de Philadelphie - « Go Fagles » !) nous emmène très décemment partout où nous le voulons. Ce que je veux dire, c'est qu'à l'époque, les chaussures en cuir étaient le seul moyen de locomotion pour la plupart des îliens, et même en ce temps-là ils marchaient souvent pieds nus, ce qui fait que les tongs étaient un luxe des temps modernes. Si ça fonctionne pour les chaussures, pourquoi pas pour les voitures ? Quel est le correspondant à 4 roues des tongs ? Une smart ? une Coccinelle ? une Mini Cooper ? Cette taille semble être la bonne pour chez nous. C'est vraiment tout ce dont on a besoin, à moins d'avoir une famille de six avec des gros chiens qui veulent tous venir se promener. Je peux imaginer cela à Los Angeles, où tous ces conducteurs en tongs peuvent se retrouver bloqués dans un embouteillage sur la voie express pendant des heures d'affilée, ou même partir en expédition dans des coins où ils auront besoin de toute la puissance du moteur. Mais ici, c'est vraiment exagéré. Peut-être qu'on devrait comparer nos voitures avec nos chaussures. Et tout ce dont on a besoin aux pieds, c'est bien d'une paire de tongs... avec peut-être un peu de sable !
    A Bientôt,
    Ellen Lampert-Greaux
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