Vue d'Ici:
    Ellen Lampert-Greaux d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
    Octobre 2004
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     Trop Tard Maintenant
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Le mois prochain, en novembre 2004, je fêterai le 15ème anniversaire de ma première visite à Saint-Barth ! Oui Monsieur, le jour où je posais le pied pour la première fois sur cette île était en 1989. Comment est-ce que cela a pu passer si vite ? C’est difficile à imaginer. En fait, j’ai l’impression que c’est hier que mon amie Nancy m’a convaincue de venir en vacances avec elle au Village St-Jean. L’envie de parler français et de manger de la cuisine française ont dû m’attirer cette toute première fois, puisque je ne me mets jamais au soleil, je n’aime pas trop la chaleur et je n’étais pas du style à rechercher un contact rapproché avec les insectes et les lézards. Et vous m’auriez dit à l’époque que 15 ans plus tard je passerai beaucoup de temps sur l’île, j’aurais sans doute bien ri. Mais finalement, peut-être pas. Durant l’été 1983, j’avais fait un voyage à Avignon, et pendant la décade qui suivit je m’y suis rendue régulièrement pour de longs séjours. Là-bas non plus, je n’avais pas l’intention de m’installer ; j’ai plutôt l’impression de me laisser porter par les événements, de poser mes valises et finalement de rester quelque temps. Durant les 15 dernières années à Saint-Barth, j’ai été dotée d’un mari merveilleux et d’une maison merveilleuse, ainsi que de deux chats superbes et d’un jardin plein de plantes tropicales qui ont poussé leurs racines en terre en même temps que les miennes. Et de surcroît, notre petit Festival du film caribéen va fêter son dixième anniversaire l’année prochaine. Je continue de retourner aux Etats-Unis très régulièrement pour passer du temps en famille, et je rentre tout juste d’un voyage professionnel à Las Vegas (quoi de plus américain que cet endroit-là !), mais c’est Saint-Barth qui se trouve désormais mon « home, sweet home ». Parmi mon cercle d’amis sur l’île se comptent de nombreux américains, dont beaucoup font des allées et venues comme moi. Peut-être est-ce que Saint-Barth est pour nous une façon de fuir une certaine réalité qui va trop vite, ou un havre de paix loin de des problèmes politiques qui affectent le monde moderne. Ou peut-être sommes-nous simplement à la recherche d’un style de vie îlien, nonchalant, avec un ti’punch de temps en temps (d’accord, je n’en bois pas, je le reconnais, mais ça sonne bien, vous ne trouvez pas ?…) ou une partie de scrabble sur une terrasse avec vue panoramique sur l’océan. Alors 15 ans plus tard, j’y suis toujours. Je n’ai plus peur de regarder un lézard droit dans les yeux. Je m’accommode du dessus de porte du frigidaire complètement rouillé (vous ai-je déjà dit qu’on appelle notre maison « le Château la rouille »), et je vais même de temps en temps à la plage. J’ai bien peur d’être piégée, maintenant. C’est trop tard. Je pense même que je ne pourrai plus vivre dans une grande ville en permanence. Cette île m’a eu. Je suis accro, même aux insectes !
    A Bientôt,
    Ellen Lampert-Greaux
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