Vue d'Ici:   Ellen Lampert-Greaux, d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
  Octobre 2000
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  L'île aux chats !
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  Avant de venir vivre à Saint-Barth, j'avais toujours pensé que les chats, c'était comme les fours : auto-nettoyants. Mais évidemment, je n'avais jamais eu de chat (étant moi-même une inconditionnelle des épagneuls) et les rares chats qu'il m'avait été donné de rencontrer étaient plutôt des chats d'intérieur qui n'avaient à nettoyer que quelques pelotes de poussière New-yorkaise entre les coussinets roses de leurs pa-pattes.
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   En fait, outre ses habitants d'autres espèces, St Barth ne manque pas de chats, et bon an mal an, trois d'entre eux vivent à la maison.
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   L'un d'eux fit son apparition en août 99 et dut sa chance à la présence dans l'île de ma fille Rachel et de ma petite-fille Melissa, accompagnées d'une petite copine de quatre ans, et de deux nièces, alors âgées de quatre et huit ans. "Il faut la garder, il faut la garder" dirent-elles d'une voix suppliante. "Nous avons déjà deux chats", plaidais-je, mais je me rendis vite compte que cet argument n'avait aucun impact sur ce mouvement féliniste comptant cinq personnes. Sans oublier le fait qu'un jour, ma fille ayant déjà deux chats, j'avais pesé lourd dans la balance pour qu'elle recueille un troisième pauvre hère. "Dis-moi quelle différence cela fera pour toi" avais-je dit, sans penser une seconde qu'elle pourrait me retourner l'argument quelque temps plus tard. "Vous avez déjà deux chats, pourquoi pas trois". Un prêté pour un rendu, et c'est ainsi que mon mari et moi nous vîmes contraints de garder une petite chatte jaune qui avait tout l'air d'être enceinte. Nous avons donc appelé la responsable de St-Barth Animal Action qui nous promit de nous rembourser la stérilisation de l'animal. Nous voilà partis chez le vétériaire. Elle n'était pas du tout enceinte (juste bâtie comme un tonneau), et donc après l'opération, la voilà chez nous comme chez elle. Les filles la baptisèrent Chanel (probablement à cause de son élégance naturelle). En deux ans, elle a considérablement minci, probablement à force de fuir nos deux autres matous. Ce sont à proprement parler deux frères, qui ne sont pas imposés, nous avons plutôt été les chercher. En avril 1998, nous étions tranquillement assis dans la pièce à vivre chez ma belle-mère à Flamands quand un éclair blanc fila à travers la pièce. Maman nous informa que ce chat blanc venait déjà depuis un certain temps, et mon beau-frère partit à sa recherche dans une des pièces. Et là, derrière une planche appuyée contre le mur, que trouva-t-il? miaou, miaou, miaou, trois chatons tout mignons. Ils étaient tout petits, à peine âgés d'une semaine... Un blanc, un orange, et un orange et blanc. Bien sûr, on décida de les garder, nous choisîmes le chamarré, et l'appelâmes Biscuit. Mon beau-frère et voisin choisit l'orange, l'appela Caramel (ils héritèrent de surcroît des surnoms de "Pas-sur-le-canapé" et de "Toi-non-plus")! Ils sont inséparables, et se mélangent souvent dans leurs jeux jusqu'à devenir une boule de poils oranges et blancs, dignes représentants du yin et du yang, version féline. La mère chatte, Christine, et le frère tout blanc vivent toujours à Flamands chez Maman, et chez une belle-soeur juste en face.
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  Mais cette histoire de chat est banale sur l'île. Une maman-chat pas bégueule s'est pointée chez des amis juste après le cyclone José. Affamée, avec une portée de chatons, elle vola un poulet entier qu'on avait sorti du four pour le laisser refroidir. Elle vint ensuite s'installer avec ses petits, jusqu'à ce que le mari de mon amie la somme de choisir entre lui et les chats. Aux dernières nouvelles, ils vivent toujours ensemble.
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  Lors de ma première visite sur l'île en 1989, je repris l'avion de New York avec une jeune femme et sa mère. Elles avaient décidé de débarasser l'île d'un de ses représentants félins, et s'apprêtaient à l'emporter avec elles, vaccin contre la rage en prime. Elles l'avaient baptisé Bonne Chance, probablement ce dont elles avaient grand besoin. Et d'ailleurs, moi aussi. Mes chats se vautrent dans la poussière et sautent sur mon lit, ce qui lui donne l'apparence d'une carrière de gravier. Au moins, je n'ai pas besoin de me soucier de leur soif. Ils font la queue sur la dernière marche de la piscine pour s'abreuver d'un bonne eau bien javellisée.
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   CATS, la fameuse comédie musicale de Broadway, ne se joue plus à New York, mais à Saint-Barth, c'est loin d'être le cas. Nous devrions tous nous méfier, car ces boules de poils à quatre pattes savent comment s'y prendre pour squatter un coin de notre coeur.

  A Bientôt

  Ellen Lampert-Greaux


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