Vue d'Ici:   Ellen Lampert-Greaux, d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
  Novembre 2000
space
  Retour à la normale!
space
  Mon retour à St-Barth un 1er novembre (après quelques semaines aux États-Unis) se fit sur les chapeaux de roue. A peine débarrassée de mes Nikes montantes et à nouveau chaussée de tongs, j'embarquais pour la tournée des cimetières de l'île. D'accord, cela peut sembler macabre, mais le 1er novembre est un jour férié ici - la Toussaint - et les écoles, banques, et commerces sont aussi fermés qu'une huître. C'est le jour où les familles du cru honorent le souvenir de leurs défunts, ce qui fait des cimetières de St.-Jean, Lorient, et Public les endroits les plus animés de l'île. Et en fin de journée, ce sont également les lieux les plus pimpants. Tout le monde apporte des bouquets de fleurs en tissu ainsi que de nombreuses bougies votives. (Le mélange peut se révéler dangereux si les unes et les autres sont trop proches, comme ce fut le cas à St.-Jean. Heureusement, la caserne des pompiers se trouve juste derrière le cimetière, mais on eut vite raison du petit incendie sans avoir à faire appel à eux). Le rituel de la Toussaint est une splendide tradition îlienne qui a su résister aux épreuves du temps.
space
   Les choses évoluent un peu plus rapidement dans la communauté des restaurateurs de l'île où les traditions ont la vie courte, et où les changements sont monnaie courante. En fait, vous serez souvent surpris en rentrant dans certains restaurants, face à des choses ou des gens qui ne devraient pas se trouver là. La liste est importante, et il est difficile de savoir par qui commencer.
space
   Prenons d'abord le cas d'Eddie, qui officiait auparavant dans la minuscule cuisine de la Saladerie, il est devenu le nouveau chef de Maya, le célèbre restaurant de Public. Son prédécesseur chez Maya, Jean-Claude, en compagnie de quelques potes, ont replacé leurs sets de table dans un nouveau domaine, Saline With Peace. Sur la même route se trouve le Gommier où travaille désormais Stéphane, l'ancien maître d'hôtel du Toiny. Charles, de l'Eden Rock, s'est déplacé vers l'Isle de France, où il dirige l'hôtel pour ses nouveaux propriétaires anglais. Et l'Entrepont a rouvert à Gustavia, reprenant son nom de l'époque au détriment du Spot puis du Zion Café. Le Wall House a changé de gérant, mais garde son nom, alors qu'IB et Bertrand Charneau, toujours au même endroit du Village St.-Jean, ont rebaptisé le Patio en La Terrazza. Vincent Adam et le Cups semblent avoir disparu pour de bon. Tout comme le parking de la Gloriette, du moins ces jours-ci. Et pendant que nous y sommes, la Banane a été rachetée par des belges qui entreprennent une sérieuse rénovation. Toutes ces mutations sont un peu difficiles à suivre, mais l'île reprend ses activités après l'assoupissement estival et semble cette année avoir bel et bien échappé aux grandes claques des cyclones.
space
  Au programme des semaines à venir, une régate sous la pleine lune, le marathon suédois - la Gustavialoppet - quelques tournois de volley-ball, une journée de nettoyage des plages, et beaucoup d'autre choses alors que l'île retrouve son rythme habituel. J'espère que seront bientôt organisées des régates de bateaux traditionnels, car l'un d'entre eux mérite qu'on s'y attarde. En fait, c'est une réplique d'Éclair, un petit voiliers en bois construit sur l'île il y a une trentaine d'année par les frères Bernier, Édouard et Guy, de Corossol. Tous leurs semblables sont fabriqués sur d'autres îles, mais Éclair fut construit à quatre mains dans un garage. Le seul problème fut de l'en extraire car il était trop grand pour passer par la porte. Qu'à cela ne tienne, on abattit une partie du mur. Comme son nom l'indique, Éclair était rapide comme l'éclair; mais après une carrière de quelques années, le contexte local évolua et le bateau fut mis en vente. Il aboutit dans un musée maritime de métropole, non sans avoir fait des moules en fibre de verre de sa coque .
space
   L'an dernier, Édouard et Guy décidèrent d'utiliser les moules et de reproduire presque à l'identique l'original. Peut-être est-il un peu plus petit que les bateaux qui régatent aujourd'hui, mais les Bernier sont convaincus qu'ils peuvent s'affronter aux autres, après avoir résolu des problèmes de voile et de contrepoids. Je serai aux premières loges pour les encourager lors de leur première régate. Puis je me rendrai dans un ou l'autre de ces restaurants...

  A Bientôt

  Ellen Lampert-Greaux


Nouvelles Locales et Commentaires Editoriaux-Archive Guide du Visiteur

© 1999 Editions Bassin Laurent, B.P.65, 97095 St. Barthélemy, French West Indies