Vue d'Ici:
    Ellen Lampert-Greaux d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
    Mai 2004
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    Une Transat
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    George Washington pensait qu’une traversée du Delaware était déjà un exploit (et il parlait de la rivière !) Bon d’accord, il l’a fait debout dans une barque. Parfois, je me dis que je n’oserais jamais. Et s’il le faisait pour une pub télévisée de nos jours, on verrait apparaître en tout petit en bas à droite de l’écran « rivière fermée, pagayeur professionnel ». Et évidemment, les Vikings, et Marco Polo, et Christophe Colomb, et tous ces aventuriers intrépides traversaient l’océan à cette époque-là alors qu’ils n’étaient pas sûrs de ne pas tomber dans le vide, car on pensait encore que la terre était plate. D’accord, maintenant qu’on l’a vue depuis un hublot de fusée spatiale, on sait bien qu’elle est ronde, et que tous ces bateaux qui se lancent dans une transatlantique pour arriver à Saint-Barth ou une île voisine le font en connaissance de cause. En plus, quel est le marin assez fou pour ne pas avoir envie de quitter les eaux gelées de l’Atlantique nord sur les côtes de France pour voguer aussi rapidement que possible au gré des tièdes alizés vers les chauds climats des Caraïbes. Au cours des dernières semaines, Saint-Barth a été un haut-lieu de ce genre d’activité nautique discutable, à l’occasion de la septième édition de la transatlantique qui arrive une année sur deux dans le port de Gustavia. Au total, 31 bateaux tous parfaitement identiques, de 10,10 m de long (ou si vous préférez, 33 pieds). Avec un équipage de deux personnes, pour au moins 20 jours sans voir la terre. Et en priant tous les soirs que les vents soient suffisamment favorables pour vous emmener jusqu’à Saint-Barth avant que les rations alimentaires et l’eau à boire ne soient épuisées. Cette année, les vainqueurs sont deux français, Armel le Cléac’h et Nicolas Troussel, de 27 et 30 ans, mais tous les deux nés le même jour. Et leur anniversaire tombe le jour même où ils ont gagné la course, le 11 mai ! Quelle coïncidence ! Ils auraient voulu le faire qu’ils n’y seraient pas arrivé. Mes favoris dans cette course étaient deux femmes qui n’avaient jamais navigué ensemble auparavant : une française, Jeanne Grégoire associée à une anglaise, Samantha Davies, ce qui en faisait le seul équipage 100% féminin. D’après ce que j’ai compris, Jeanne ne comprenait pas un mot d’anglais, et Samantha ne parlait qu’anglais, ce qui a dû leur valoir quelques bons moments, mais quelle meilleure façon pour apprendre une langue que de passer 20 jours en mer dans un tout petit bateau avec quelqu’un qu’on ne comprend pas (il vaut mieux être « lost in translation » que perdu en mer, je l’ai toujours dit). Mais malgré la barrière de la langue, les femmes sont arrivées cinquième, coiffant au poteau pas mal de bons marins. C’est ce que moi j’appelle un exploit !
    A Bientôt,
    Ellen Lampert-Greaux
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