Vue d'Ici:
    Ellen Lampert-Greaux d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
    Mars 2004
space
    Des « stars » ? oui, mais lesquelles ?
space
    On ne peut plus entendre parler de St-Barth ces temps-ci sans qu’on parle de « stars ». Et bien c’est exactement ce que je vais faire, sauf que contrairement aux obsédés des stars de cinéma hollywoodiennes qui viennent sur l’île à Noël et au Jour de l’an, qui ne parlent que de ce qu’elles portaient à la plage (j’ai d’ailleurs vu un dessin humoristique de David Letterman déguisé en abeille dans Islands magazine uniquement parce que quelqu’un l’avait vu sur la plage de Flamands en maillot de bain rayé noir et jaune), d’où elles sont allées déjeuner, et même, de ce qu’elles ont choisi comme plat… Je veux quant à moi vous parler des vraies stars. Celles qui sortent la nuit… oui les étoiles du ciel, pas celles des night-clubs. La nuit, le ciel de Saint-Barth est extraordinaire et souvent je m’installe sur l’une ou l’autre des terrasses rien que pour regarder les étoiles. Quel jeu de lumière magnifique. Mais même dans l’endroit assez tranquille où nous vivons, les lumières des grosses maisons sur une colline alentour commencent à s’interposer, à essayer d’éclipser leur scintillement. C’est ce qu’on appelle vulgairement la « pollution lumineuse ». Dans les grandes villes, la pollution lumineuse est si intense que vous ne pouvez même plus voir les étoiles, et on se croit malins parce qu’on a réussi à les neutraliser avec des lampadaires de rue, d’autoroutes, avec des néons, des lumières fluos et toutes ces autres lumières qui empêchent à tout jamais le ciel urbain d’être tout simplement noir. Pour lutter contre cet excès du progrès, une organisation s’est créée du nom d’Association internationale pour un ciel nocturne, qui combat dans le monde entier les effets de la pollution lumineuse. J’aimerais bien qu’ils viennent à Saint-Barth faire un diagnostic avant qu’il soit trop tard. Êtes-vous passé à St-Jean une de ces nuits dernières ? Entre l’aéroport, le centre commercial (des néons, où ça des néons ?) et le stade, on a l’impression d’être en plein jour. Ensuite, roulez vers la Villa Créole et le Nikki Beach où tous les arbres se sont tout d’un coup enturbannés de guirlandes électriques. Et puis poussez jusqu’à Lorient où les gars du Jojo Burger allument une immense enseigne jaune toute la journée – même quand ils sont fermés – et la laissent allumée toute la nuit. C’est probablement pour aider les souris affamées à discerner les miettes par terre. Mais pour les astronomes, les marins, et aussi pour les vieux romantiques comme moi (mais aussi pour Vincent Van Gogh), les étoiles sont importantes. Même si vous ne faîtes pas la différence entre la Grande Ourse et la Petite Ourse (ou entre le Grand et le Petit Chariot pour ceux qui connaissent), une nuit constellée d’étoiles est vraiment quelque chose d’extraordinaire à voir. Alors avant qu’il soit trop tard, mobilisons-nous tous ici pour rendre la nuit au ciel de Saint-Barth. Puis-je vous suggérer de débarrasser vos arbres des guirlandes, de décrocher ces enseignes au néon tellement laides, d’éteindre vos lumières quand vous allez vous coucher la nuit, et d’encourager vos voisins à faire de même. Donnez une chance aux étoiles. Après tout, si notre Mère Nature avait voulu créer des palmiers lumineux, et leur aurait donné une prise électrique...
    A Bientôt,
    Ellen Lampert-Greaux
  Nouvelles Locales et Commentaires   |    Archives    |   Guide du Visiteur