Vue d'Ici:   Ellen Lampert-Greaux, d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
  Mars 2003
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  Ellen par monts et par vaux
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    Oh la la ... le mois de mars est passé tellement vite, mes lecteurs ont dû me croire disparue avec lui. Mais non , je suis toujours là, en reportage à Minneapolis pendant que certains de mes collègues du corps international des journalistes sont sur le front en Irak. Je veux bien croire que mes voyages à moi ne sont pas aussi dangereux, mais tout a commencé en février quand j'ai accepté d'écrire un article sur un bateau de croisière, le Zuiderdam. Bon d'accord, aller enquêter sur un bateau de croisière n'a pas l'air trop éreintant, mais il faut quand même arriver à dégager une semaine entière de son temps. Pensant que le navire ferait escale à St-Martin lors de son périple dans les Caraïbes, j'avais accepté de monter à bord pour voir leurs spectacles et toute leur technologie de pointe pour pouvoir écrire cet article. Mais l'escale la plus proche de St-Barth s'est avérée être St-Kitts, et non St-Martin. Ma valise à la main et mon mari dans mon sillage, je me suis donc envolée de St-Barth à St-Martin puis Nevis et enfin St-Kitts pour embarquer à mi-croisière. La première personne que nous avons rencontrée à St-Kitts fut l'officier d'immigration qui après avoir tamponné nos passeports nous donna sa carte de visite estampée « Bob's Island Safaris » et nous fit promettre de l'appeler dès que possible pour qu'il nous fasse faire un tour de l'île. Mais notre chauffeur de taxi, un type plein d'énergie du nom de James Brown, le coiffa sur le poteau en nous trimbalant par les chemins de traverse jusqu'au navire, et en nous montrant tout depuis les monuments anglais sur la place de la ville jusqu'aux étudiants en uniforme et la pompe à essence. Nous avons donc passé la nuit sur le bateau qui faisait voile de St-Kitts à St-Thomas, où nous avons débarqué en milieu de matinée, pour aller déjeuner avec des amis à Frenchtown, puis passer l'après-midi avec des membres de la famille de mon mari qui y vivent également. Frenchtown, comme vous le savez, est le quartier de St-Thomas où les gens de St-Barth s'installèrent au cours du siècle dernier quand les hommes quittaient leur cher rivage pour chercher du travail dans les îles vierges américaines. Nous sommes ensuite repartis vers St-Barth avec une nuit à St-Martin, ce qui prouve une fois de plus que même si les îles sont toutes à vol d'oiseau, il est difficile d'aller de l'une à l'autre. Depuis cette mini-croisière, j'ai dû faire la moitié d'un tour du monde en m'arrêtant sur la mer Baltique au Danemark, pour un salon à Francfort en Allemagne, pour une journée de théâtre à Londres, avec une représentation en matinée et une autre en soirée avant de m'écrouler dans un lit. Après une courte semaine à New York, je suis actuellement à Minneapolis pour un autre salon, en route pour Los Angeles et Las Vegas, où je vais pouvoir m'avachir dans un fauteuil pour regarder le show de Céline Dion au César Forum. Décidément, je ne sais plus où j'habite en ce moment.
    Et bien sûr tout ça veut dire que je n'ai pratiquement pas été sur mon île préférée depuis mi-février, mais mon cher époux est venu me rejoindre à Philadelphie (où il a assisté à une tempête de neige de 30 heures d'affilée, ce qui l'a retenu loin de chez lui pendant quelques jours supplémentaires) et à New York où nous avons dîné avec un jeune couple rencontré l'année précédente à St-Barth alors qu'ils finissaient un tour du monde de trois années en voilier. Depuis notre dernière rencontre au Sélect en décembre, ils ont trouvé chacun un job, un nouvel appartement, ils ont vendu leur voilier, et ils attendent un bébé. Finalement je ne dois pas être la seule à avoir été un peu débordée, et pendant le dîner nous avons levé nos verres de vin rouge et de perrier à nos futures retrouvailles à St-Barth, et tous, nous avons eu une pensée émue pour la simplicité de la vie sur l'île... Du moins comparée au reste du monde. Alors au moment où les bombes s'abattent sur l'Irak, je ne rêve que d'y retourner. J'ai pris mon billet d'avion pour le 10 avril, et j'y serai à temps pour prendre une grande goulée d'air tropical et reprendre mon travail d'organisation du 8ème Festival du Film de St-Barth, un projet que je fais à mes heures perdues. Et il faudra bien que je les trouve!
  A Bientôt,
  Ellen Lampert-Greaux

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