Vue d'Ici:   Ellen Lampert-Greaux, d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
  Mars 2001
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  Hier, aujourd'hui, demain...
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  Le 8 mars est la Journée Mondiale des Femmes, et cette année, elle tombe à pic pour St-Barth. Voilà pourquoi. Le dimanche 11 mars, c'est le premier tour des élections municipales. En quoi cela changerait-il quelque chose pour les femmes? Et bien justement, cela va tout changer. Bien que plutôt misogyne, la France a décidé que le temps était venu d'élargir le slogan "Liberté, Égalité, Fraternité", à la composante féminine de sa population (Je ne sais pas exactement qui a pris cette décision, car la plupart des hommes français que je connais pensent que c'est une énorme erreur!) Quoi qu'il en soit, la parité est entrée en politique : une femme pour un homme. Dans le cas de St-Barth, cela signifie que le prochain conseil municipal sera composé de 14 femmes et de 14 hommes. Le maire sera encore un homme puisque trois hommes sont têtes de liste, mais jamais le conseil municipal n'aura compté autant de femmes auparavant. Les femmes se trouvant sur la liste du maire sortant ne sont pas des moindres non plus (en tant que yankee pur sucre je ne vote pas ici, mais je parie que le titulaire actuel rempile pour six années de plus). Des femmes de volonté et de caractère, qui risquent de faire monter d'un cran le niveau sonore des délibérations du conseil municipal, j'en suis sûre. Que le meilleur gagne, mais qu'il sache bien que 14 femmes partiront avec lui dans l'aventure.
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   Il y a quelques semaines, j'ai rencontré quelqu'un lors d'un dîner new-yorkais. Un type qui se souvenait de St-Barth dans les années soixante quand il commença à y venir en touriste. Il se souvient de ces jours d'avant les supermarchés bien approvisionnés, quand il devait arriver avec des glacières pleines de victuailles pour sa famille et également pour ses amis de l'île. Il était copain avec Marius et sa famille au Sélect et leur apportait des bonnes choses en échange de tuyaux pour se procurer du poisson fraîchement pêché. Il se souvient aussi d'un marché près de la chapelle de Colombier où les femmes de l'île coiffées de calèches blanches ou de chapeaux de paille vendaient des produits locaux, avec au moins 27 sortes de boudins différents. Notre ami Alan a aussi de bonnes histoires à raconter sur l'île. Celle que je préfère concerne une nuit où, rentrant en voiture chez lui par Lorient, il aperçut quelque chose en plein milieu de la route. En s'approchant, il réalisa qu'il s'agissait d'un énorme cochon qui n'avait aucunement l'intention de bouger de là. Alan descendit donc de voiture, frappa à la porte de la première maison et dans son français approximatif, indiqua la route et le cochon mutique. Le propriétaire, pas du tout surpris, mis son chapeau sur la tête et s'en alla chasser le cochon de la route.
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  J'adore entendre toutes ces histoires du temps jadis, même si parfois, certains de mes amis racontent un St-Barth qui n'a pas peut être jamais existé. Ce qui compte pour moi c'est qu'ils aient tant de bons souvenirs de cet endroit, du St-Barth d'antant, alors même que les politiciens ne pensent eux qu'au St-Barth de demain.

  A Bientôt,

  Ellen Lampert-Greaux


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