Vue d'Ici:   Ellen Lampert-Greaux, d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
  Juin 2003
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  Taille St-Barth
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    Les revoilà, les journées oisives et un peu folles de l'été ! Comment peut-on le savoir ? Rien qu'en regardant les quais de Gustavia. S'ils sont vides, c'est que l'été est là. Notre petit port qui grouille d'activités tout l'hiver est aussi tranquille qu'un ermitage.
    La plupart des navires, du yacht à moteur géant jusqu'au classique voilier en bois, se sont réfugiés sur des rivages plus sûrs où les vents de tempête de la saison des cyclones ne peuvent les atteindre (et on espère qu'ils nous épargneront aussi !) Mais les bateaux sont bel et bien partis. Vers le nord, à Newport pour la régate « Bucket » de Juillet Vers Nantucket, le Maine ou peut-être même la Méditerranée. Mais ils seront de retour à Noël prochain, jouant des coudes pour une place à quai alors que la taille du port impose une taille limite aux monstres qui s'alignent avec la poupe à quai. Et cette limite est de 60 mètres (198 pieds). Pas un centimètre de plus, s'il-vous-plaît. Oh bien sûr, on pourrait admettre 61 mètres, mais si le personnel du port commence à accepter 61, il ne pourra rien dire pour 62. Ou 63. Voilà ce qui arrive quand la place est comptée. Très grand, mais pas plus. Cette limite est désormais connue dans le monde de la voile comme la mesure de St-Barth. Si le chantier naval qui construit votre navire ne dépasse pas ces fameux 60 mètres, alors vous pourrez vous faufiler dans le port, et passer toute la saison d'hiver adossé à une de ces places à quai si convoitées.
    Toujours est-il qu'au printemps dernier, un de ces géants des mers du nom de Rêverie est arrivé là avec toute la longueur de ses 70 mètres, et il a quand même eu la chance d'outrepasser les règles. Cet énorme navire qui ressemblait plutôt à un petit paquebot était en fait un yacht privé. Il arriva fin avril, quand la plupart des occupants du quai principal avaient déjà levé l'ancre pour rejoindre leurs horizons d'été. Ce qui a permis à Rêverie de se mettre à couple du quai, n'en laissant qu'une encablure tout au bout pour les attardés de la saison. Impossible de ne pas remarquer Rêverie. Faisant exploser les normes de St-Barth d'au moins un kilomètre, l'apparition de ce bateau procura à tous ceux qui le virent une idée de ce qu'était un vrai grand bateau, sous leurs yeux dans le port, symbole majestueux d'une fin de saison.
    Une fois l'excitation de Rêverie retombée, le port connaît alors un des moments les plus calmes de l'année. Aux alentours du 14 juillet, fête nationale, l'animation reprend pendant quelques jours, pour le traditionnel concours de pêche au gros « St Barth Open ». De toute la Caraïbe, et même de Miami affluent les bateaux de pêche qui se rangent à quai. Comme le concours est du style « on tague et on relâche », le temps est révolu des grands marlins bleus exposés sur le quai. Tous, nous attendons de voir si quelqu'un va réussir à en remonter un de plus de 669 livres, le record à battre. Quand on vous parle d'une mesure à St-Barth...
  A Bientôt,
  Ellen Lampert-Greaux

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