Vue d'Ici:
    Ellen Lampert-Greaux d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
    Janvier 2004
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    Plus de place à l’auberge
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    Tout le monde connaît l’histoire de Marie et Joseph qui arrivent à Bethléem la veille de Noël et ne trouvent pas de place à l’auberge. S’ils avaient tenté d’arriver à Saint-Barth par yacht ou voilier n’importe quand entre Noël et le jour de l’an, ils auraient subi le même sort : pas une seule place à quai ; leur célèbre bébé aurait vu le jour, en mer, le bateau ancré devant le port. S’ils avaient choisi l’avion, l’hélicoptère ou l’âne bâté traditionnel, ils n’auraient pas plus trouvé de place à l’auberge des Ecritures, quoique le ranch des Flamands leur aurait sans doute accordé une mangeoire (imaginez alors la couverture médiatique dont ils auraient bénéficié !) C’est ainsi que nantie des légendaires embouteillages annuels, l’île était à nouveau « l'endroit » où il fallait être. Pour David Kong, de Hong Kong, propriétaire d’Amity, un superbe sloop de 78 pieds, la nouvelle année chinoise est arrivée plus vite que prévu, lorsqu’il a remporté le meilleur temps lors de la régate désormais traditionnelle de «New Year’s Eve ». Avec des mega-yachts alignés le long des quais et des courses de Noël plein les bras, 2004 a fait une entrée fracassante à St-Barth. Les rafales de vents cassaient tout d’ailleurs, et nombreux ont été ceux qui cherchaient un pull ou une écharpe lors du réveillon de Noël. Puis, nous n’avons même pas eu le temps de souffler que vint le temps de célébrer le vingtième anniversaire du Festival de musique de St-Barth, ouvert par deux soirées de danse sous les étoiles au club de l’AJOE. Les élèves des écoles de danse locales assuraient la première partie pour de fabuleuses étoiles de compagnies de ballet de Paris et d’Hambourg sur un programme du 20ème siècle. Considérant les trombes d’eau qui étaient déjà tombé toute cette saison, la muse de la danse (Terpsichore en chaussures de tennis ?) veillait sur le festival, et retint les averses jusqu’à la fin des spectacles. La muse de la peinture était également d’humeur mutine pour la vente aux enchères spéciale qui eut lieu à l’hôtel Guanahani en faveur du Festival de musique. Organisée par le peintre Jean-Pierre Ballagny et l’Association St B’Art, les enchères rapportèrent presque 30 000 dollars, dont 70% fut offert au Festival. Trois des toiles à elles seules, celles de Stanislas Defize, d’Antoine Heckley et de Ballagny lui-même rapportérent presque la moitié de la somme. (La plus chère fut l'huile de Defize, choisie pour le Poster du Festival de cette année, qui fut adjugée à Faustin Lédée, homme d'affaire local pour la somme de $8700). Quelques centaines de personnes s’étaient rassemblées autour de la piscine par une belle nuit baignée de lune, buvant du champagne en regardant le marteau du commissaire-priseur s’abattre sur les enchères. Ma carte de crédit soigneusement rangée dans mon porte-feuille (les tableaux que je préférais étaient bien sûr les plus chers), je rentrai chez moi avec la vision persistante d’une telle vente aux enchères au bénéfice de notre Festival du film caribéen. Une assemblée scintillante de bijoux dans le cadre d’un 4 étoiles ! Mais en me penchant pour éteindre la lumière, un peu après minuit, le coq du quartier lança un retentissant cocorico plein de santé, rappelant fort-à-propos ce que Saint-Barth est en réalité.
    A Bientôt,
    Ellen Lampert-Greaux
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