Vue d'Ici:   Ellen Lampert-Greaux, d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
  Janvier 2003
space
  Quelques notes de musique
space
    Chaque année, il se passe à peu près la même chose. Une petite troupe de gens tout de noir vêtus déambule aux alentours de l'église catholique de Lorient et de l'église anglicane de Gustavia. Beaucoup d'entre eux se promènent avec une boîte qui une fois ouverte se révèle être un étui pour instrument de musique. Car c'est à cette époque de l'année que se déroule le Festival de musique de St Barth, qui pendant deux semaines n'épargnera à aucun visiteur ou invité sa brassée de magnifiques concerts.
    La grande organisatrice de tout cela, Frances Debroff, a une maison tout près de l'église de Lorient, et très certainement, un beau jour, l'idée lui traversa l'esprit qu'en dehors des heures de dévotion, l'église pourrait bien accueillir quelques activités périphériques. La semaine dernière, l'île de St-Barth a tenu à remercier Frances de ces 19 années durant lesquelles elle a tenu ce festival à bout de bras et lui a attribué une médaille d'honneur lors d'une réception à la mairie.
    Ce jour-là tombait pile sur mon anniversaire (bon anniversaire en passant à tous mes camarades du Capricorne), et j'étais en train de me régaler d'un brunch au Toiny quand mon portable se mit à sonner. Pourrais-je venir immédiatement à la réception, et incidemment, aurais-je le temps de traduire la petite allocution composée par l'adjoint chargé de la culture en l'honneur de Frances? C'est ainsi qu'après avoir remercié les amis qui avaient organisé ma petite fête d'anniversaire, je me diligentais jusqu'à la maison où m'attendait un fax de deux pages prêt à subir mes talents de traductrice. Vite, je branche l'ordinateur, et c'est parti. Mais pas si vite, la première phrase m'arrête net ( et je ne suis pas du genre impressionnable). L'expression française "citoyen d'honneur" se traduit mot à mot par "citizen of honor". Mais est-ce bien ce qu'il a voulu dire? Et pourquoi pas "honorary citizen"? Ne serait-ce pas plutôt ce qu'il a voulu dire? Pas trop sûre de moi, je me plonge dans le dictionnaire franco-anglais Harrap's. J'aurais dû m'en douter, je découvre de mes propres yeux que citoyen d'honneur est traduit par "freeman of a city". Mais qui diable paye ces gens à écrire des dictionnaires (pas étonnant que la plupart des traductions vous donnent envie de vous gratter la tête). Peut-être veulent-ils se référer à cette coutume de la remise des clés de la ville? Est-ce que cela les libérait de quelque chose? Je m'enfonçais dans des abîmes de perplexité tandis que l'horloge avançait inexorablement vers l'heure fatidique de la cérémonie, aussi je m'en tins à "citizen of honor" en espérant que cela ferait plaisir à Frances.
    Elle a dû se demander ce que je faisais assise dans un petit coin derrière elle et son comité du festival (toutes ces dames étaient superbes avec leur chapeau de paille). Mais tout devint plus clair quand je lus ma traduction anglaise devant les musiciens, la plupart venant des Etats-Unis. Et ils ne sont pas n'importe qui. En fait, Charles Stegeman, le chef d'orchestre du festival (dans la vie il est chef d'orchestre pour l'Opera et le Ballet de Pittsburgh), les qualifie de meilleurs parmi les meilleurs en terme de musiciens classiques contemporains.
Alors n'hésitez pas la prochaine fois que vous remarquerez ces gens tout en noir qui convergent vers l'église. Vous allez y vivre un grand moment.
  A Bientôt,
  Ellen Lampert-Greaux

  Nouvelles Locales et Commentaires     Editoriaux-Archive     Guide du Visiteur