Vue d'Ici:   Ellen Lampert-Greaux, d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
  Janvier 2000
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  En dépit de rumeurs galopantes qui se répandirent plus vite que leur ombre, le passage à la nouvelle année semble s'être plutôt bien déroulé à St-Barth.
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   A en croire ce qui se disait, nous aurions du voir dans le port des porte-avions aménagés en hôpitaux de campagne prêts à accueillir les visiteurs américains en cas d'attaques terroristes pendant la nuit de la Saint-Sylvestre, et une cinquantaine d'agents soit de la CIA soit du FBI - selon la radio cocotier sur laquelle vous étiez branché - étaient sur place.
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   L'ancien Président des Etats-Unis Gerald Ford était effectivement là (et ce n'est pas une rumeur). Mais la tenue décontractée et les pieds nus avec lesquels il arpentait les quais de Gustavia n'ajoutèrent aucun crédit à l'image de terroristes agrippés sous la coque du yacht Ultima III, à bord duquel il était invité. En fait, les quais furent tout-à-fait calmes à l'approche de minuit, et à part un pauvre pilote qui avait loupé la piste et dont l'avion est toujours bloqué dans les buissons du bas-côté de l'aéroport, les choses furent plutôt tranquilles. Pour accueillir l'an 2000, les autorités avaient interdit l'entrée de Gustavia aux voitures pour la soirée du 31, et la foule sembla moins dense que d'habitude. La circulation ne fut pas trop dense durant toute la période des fêtes, même avec la route de sortie de Gustavia vers le dispensaire toujours condamnée.
Plus d'une trentaine de voiliers fabuleux étaient sortis du port dans la journée, affrontant des vents violents qui déchiraient leurs spis pour se mesurer les uns aux autres dans la New Year's Eve Regatta. Certains des plus gros yachts, comme Jamaïca Bay et Golden Cell, recevaient des centaines d'invités, donnant un coup de fouet à l'économie locale en achetant des monceaux de victuailles et de fleurs dans les commerces locaux.
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   Assez bizarrement, les soldats du feu choisirent ce moment-là pour entamer une grève de 24 heures (sans pour autant abandonner leur poste à la caserne et en répondant aux urgences). Leurs revendications courent sur le manque d'employés et d'uniformes. Avec un peu de chance, certains des entrepreneurs locaux qui récoltent des fonds pour ré-ensabler les plages dévastées par les cyclones (dont la plupart ont d'ailleurs déjà bonne mine grâce aux bons soins obstinés de Mère Nature) auront quelques sous de reste pour acheter des chaussettes et des sous-vêtements à nos malheureux pompiers. Trêve de plaissanteries, ils ont réellement besoin d'équipement et de personnel pour assurer correctement la sécurité d'une population sans cesse croissante. Dans la même veine, un comité franco-américain-St-Barth souhaite améliorer le petit hôpital de l'île en y installant de nouveaux appareils pour promouvoir une amélioration des soins d'urgence sur place.
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  Mais pour la plupart d'entre nous sur l'île, il s'agit maintenant simplement d'un retour à la normale, au travail, alors que les dernières modifications sont apportées au programme du 15ème Festival de Musique de St-Barth (le plus important à ce jour) avec 15 concerts en trois semaines, depuis la mi-janvier jusqu'aux premiers jours de février; et que le Rotary s'affaire à récolter des donations qu'il vendra aux enchères le 19 février.
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  Quoi qu'il en soit, l'an 2000 est bel et bien là, sans qu'on ait pu imputer aucune grave morsure à ce mystérieux bogue.

  A bientôt... ...

  Ellen Lampert-Greaux


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