Vue d'Ici:   Ellen Lampert-Greaux, d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
  Février 2003
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  Quel bazar !
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    Depuis fin décembre, époque à laquelle les potes de Mick Jagger et de Mariah Carey faisait du hip hop dans toute l'île, je n'ai fait que de ramasser des détritus. Et je ne veux pas parler du genre de ramassage qu'on peut faire à New York de tas de trucs superbes sous les fenêtres des gens pleins aux as qui s'en débarrassent (je connais des appartements entiers meublés avec des trouvailles de rue !) Mais ici, dans ce merveilleux coin de paradis, la quantité d'ordures qui s'amoncelle le long des routes est tout bonnement incroyable.
    A l'origine, j'avais seulement l'intention de me lever tôt le matin pour faire un peu d'exercice (en guise d'exercice, le seul que je pratique habituellement est de sauter directement à la conclusion...) C'est ainsi que je partis les bras ballants un beau matin vers la plage de Saline. Une marche agréable, sur le plat, de 10 à 15 minutes à partir de la maison. On m'avait déjà vue en train de ramasser des ordures le long de la route, sur d'autres courts parcours, et je m'étais souvent arrêté en voiture pour ramasser de grands trucs ou bidules désobligeants pour le paysage. Mais là j'ai été franchement étonnée de tout ce que j'ai pu trouver. Gobelets en plastiques, bouteilles de bière par centaines, canettes d'aluminium, paquets de cigarettes, et pire que tout, des centaines de prospectus que d'entreprenants commerçants avaient glissé sous les essuie-glace. La fois suivante, je partis équipée. Des pochettes pour le papier, et quelques sacs plastiques pour les bouteilles et les canettes. Whaou ! Quel job infernal et ingrat. Certains me regardaient comme si j'étais dingue. D'autres disaient Bravo ! Beau travail ! ou Merci ! tout en continuant leur jogging. Les gens du Grain de Sel m'offrir de l'eau et d'autres sacs poubelles. Un beau jour, mon amie Martine est venue de France passer quelques jours de vacances , et je la mis à contribution, cette fois-ci du côté de chez Jojo, avec des sacs vides. Même scénario. Des papiers, des canettes, et pire encore, des pans entiers de collines couverts d'électroménager pour la maison : de la planche à repasser au vieux ventilateur. Nous nous contentâmes des bords de route, et on s'est bien amusé tout du long, trempées sous la pluie, nous arrêtant pour discuter avec les gens qui nous demandaient ce qu'on faisait (et si on nous payait pour ça !) Les deux grands dangers étaient les chauffards qui ont bien failli nous envoyer dans le décor, et ces saletés de cactus. Vous devriez voir ces cactus avec des épines comme des hameçons, qui vous guettent pour vous sauter dessus. Et puis aussi les fils de fer barbelés. Je me suis même imaginée emporter mon téléphone portable pour appeler mon mari à l'aide si jamais je n'arrivais pas à me dépêtrer d'un cactus. Mais vous ne pouvez pas imaginer la quantité de petits trucs pointus que j'ai pu retirer de mes mains et des mes chevilles. Nos efforts se sont encore amplifiés hier grâce a un précieux renfort. Un métropolitain qui vient de s'installer dans l'île. On l'a envoyé au fond d'une ravine le long de la route et il nous a stupéfait en nous envoyant bouteille après bouteille, canette après canette, et des morceaux de voiture dont les ceintures de sécurité, un pneu de rechange, et des plaques minéralogiques.
    Tout ça parce que cela coûte trois sous d'aller les déposer au service de propreté. Alors quand vous conduisez dans l'île, faites attention, ne jetez rien. Parce que je vous ai à l'oeil !
  A Bientôt,
  Ellen Lampert-Greaux

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