Vue d'Ici:
    Ellen Lampert-Greaux d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
    Août 2004
space
     St-Barth en état de siège
space
Quiconque viendrait sur l’île pour une première visite en ce moment pourrait se demander ce qui s’y passe. D’un bout à l’autre, l’île a des allures d’immense chantier. En commençant par Gustavia, où la capitainerie et le hangar avec sa scène (sur laquelle depuis des temps immémoriaux tous les évènements de l’île sont célébrés) ont été démolis. Ils font place nette à une nouvelle scène, ainsi qu’à de nouveaux bureaux très chics pour les employés du port et même à un salon de réception (tout cela a l’air très beau sur les rendus de l’architecte). Dans le prolongement, la rue du bord de mer est en travaux depuis des mois, tout comme la rue nommée « Backstreet » de l’autre côté du port. La circulation en ville est donc bien difficile, et en rentrant d’une soirée l’autre nuit, nous avons croisé une voiture qui descendait la côte qu’elle venait juste de grimper, le conducteur arborant un air plutôt penaud. Une fois que vous avez réussi à sortir de la ville, vous remarquerez un flot constant de voitures qui prennent la route de Corossol. Tout ça parce que la route à la Tourmente, qui est ce col dans la colline en approche de l’aéroport, en direction de Flamands et Colombier, est coupée pour se doter d’une nouvelle chaussée bien méritée, et pour l’amener au niveau du nouveau rond-point. Voici donc une autre version du on-ne-passe-plus-par-là et pour expliquer à quelqu’un comment on va à Flamands par Corossol, il faut faire des tas de gestes, encore plus compliqués quand on a besoin de deux langues. Une voie, ou même les deux, seront temporairement ouvertes le 25 août pour la fête du quartier de Corossol, quand des centaines de voitures font la file indienne sur les routes pour aller ou repartir du lieu des festivités ; à ce moment-là un circuit en sens unique est la seule solution pour éviter le blocage total. Puis l’aéroport lui-même sera fermé du 6 septembre à mi-octobre afin de refaire et élargir la piste. Mais déjà à la mi-août, de larges bandes d’herbe étaient enlevées et des pyramides de sable et de gravier attendaient le début des grands travaux. Un peu plus loin à Saint-Jean, toutes les voitures doivent tourner à droite, pour éviter la route principale qui n’est plus qu’une grande tranchée creusée pour accueillir une nouvelle canalisation d’eau. Vous devez longer la caserne des pompiers et le stade, jusqu’à la piscine. La route est pleine de nids-de-poule (qu’on a comblés avec des cendres qui s’envolent au vent et participent à la pagaille ambiante) et de dos d’âne qui ne rendent pas le circuit très plaisant. Vous débouchez sur la route principale à la hauteur de l’hôtel Eden Rock, également en plein travaux (tout le monde se demande ce qui se passe derrière les hauts panneaux de contreplaqué). Le Filao Beach est également en pleine démolition (il fait désormais partie de l’Eden Rock) et le Sereno en fait autant, tout comme le Guanahani qui construit un nouveau spa. Y a-t’il une limite à « l’amélioration » de l’île ? Bien qu’il soit assez compliqué de se rendre d’un point A à un point B en ce moment, je continue à dire que St-Barth vaut ces détours !
    A Bientôt,
    Ellen Lampert-Greaux
  Nouvelles Locales et Commentaires   |    Archives    |   Guide du Visiteur