Vue d'Ici:   Ellen Lampert-Greaux, d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
  Août 2002
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  Un petit sourire!
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  Dernièrement, on s'est beaucoup réuni en ville. Une première fois à l'initiative du Lion's club, un groupe de citoyens de bonne volonté désireux de lancer une nouvelle campagne afin de remettre le sourire sur les lèvres des uns et des autres.
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  Tout cela part du constat que l'amabilité se perd dans notre île. Les conducteurs vont trop vite et commencent à apparaître ce qu'on connaît ailleurs comme les vociférations du chauffard. C'est pourquoi flotte dans l'air l'idée d'un nouveau logo figurant le sempiternel pélican, mascotte de l'île. En fait, il s'agit plutôt de deux pélicans hilares. Ils seront représentés sur des affiches dessinées par des enfants (pour leur apprendre à sourire de bonne heure), apposés sur les emplacements publics, et sur des autocollants. En partant du principe que pour quelqu'un de coincé dans un embouteillage, la simple vision de deux pélicans qui rigolent ne peut que le faire sourire. En fait, les intentions du Lion's Club sont très bonnes, excellentes même. Je crois qu'ils ne veulent que ramener sur l'île un peu de la douceur de vivre pour laquelle beaucoup d'entre nous sont venus vivre ici.
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   Une deuxième réunion a eu lieu à la mairie la semaine dernière. A cette occasion, le maire a voulu entendre les jeunes de l'île qui se font du souci à propos de leurs emplois de demain. Malgré tout, il semble que les jeunes d'ici aient quelques idées originales dans la tête. Pour les fêtes de Gustavia cette année, par exemple, il y aura bientôt une grande première : le concours de la stéréo de voiture la plus assourdissante ou de la carrosserie la plus hideuse (heureusement, on ne peut pas faire du dragster sur l'île). Mais grâce à la nouvelle campagne du Lion's club pour une île souriante (que j'ai vite baptisée l'île du bonheur), et aux nouvelles incitations du Maire visant à éloigner les enfants de la rue, pour les envoyer jouer au volley-ball ou sur la plage, l'île devrait continuer à ronronner aussi paisiblement qu'avant.
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   Les choses sont d'ailleurs plutôt calmes autour de chez moi, ça c'est sûr, jusqu'à ce matin de l'autre jour où en regardant dehors, nous avons aperçu un de nos chats accroupi prêt à bondir, les yeux rivés sur un gros canard blanc au bec rouge vif. Le canard lui-même ne s'inquiétait pas outre mesure, tout occupé à claudiquer par-dessus un muret de pierres juste devant la maison. Après s'être amusé de cette présence et lui avoir donné un peu de pain et d'eau, mon mari se décida à le raccompagner chez notre voisin. Il l'escorta donc sur le petit chemin vers la route, mais à ce moment-là, il prit son vol vers la saline et vers la plage (probablement un canard de prés salés). Mais assez vite il rebroussa chemin et se remit à marcher gentiment avec Rosemond, qui stoppa la circulation pour que le canard rentre sans encombres chez lui. Et bien voila une scène qui sûrement ferait sourire quelques pélicans.

  A Bientôt,

  Ellen Lampert-Greaux


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