Vue d'Ici:   Ellen Lampert-Greaux, d'origine Américaine, vit à Petite Saline. Tout en organisant le festival du film Caraïbe, ou supervisant l'équipe locale de Volleyball, ou écrivant des articles pour différents magazines connus, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.
  Avril 2003
space
  Pâques, pâque, et les trombes d'eau
space
    Pâques est arrivé, et la pâque juive aussi. Et il a plu des cordes. Pendant des jours ! D'habitude, les pluies d'avril apportent plein de fleurs au mois de mai, mais cette fois-ci, elles ont trempé les campeurs jusqu'aux os.
    Je vous explique : Aussi tentant que cela puisse être, il est formellement interdit de camper sur les magnifiques plages de St-Barth. Du moins si vous êtes un campeur coupable de préméditation, avec tentes, sacs de couchage, réchaud à bouteille de gaz et tout le bazar habituel (en revanche, si vous êtes un vagabond qui dort sur la plage parce qu'il n'a rien pu faire d'autre, il semble que vous ayez le droit. C'est la loi française. Essayez de comprendre !) Mais il y a un certain nombre de choses qui remontent à Mathusalem par ici. Pas parce qu'on aimerait camper comme à l'époque antique (peut-être que si, finalement), mais il semblerait qu'une clause antédiluvienne donne le droit de camper durant tout le long week-end pascal à Saint-Barth. A moins que ce soit la clause du «pour une fois on ferme les yeux», mais en tous cas, c'est la tradition. Et pour y faire honneur, le week-end pascal est très élastique. En fait, la mairie et l'office du tourisme ont délibérément fermé leurs portes le jeudi midi avant le vendredi saint pour ne rouvrir que le mardi d'après Pâques. Cela donne tout le temps nécessaire aux campeurs pour s'installer durablement dans des lieux de camping. Dès le jeudi soir, les tentes fleurissaient sur toute l'île. Mais à 10 h du soir, un énorme grain eut lieu qui inonda tout. Les plages. Les bois. L'intérieur des tentes. Partout où il y avait des campeurs. A la maison, une fois de plus nous avons pu constater le défaut de fabrication de la terrasse du haut, avec de l'eau qui monte comme dans une piscine entre les murs de béton. Les deux petits trous de souris destinés à l'évacuation des eaux de pluie étaient colmatés par de la boue et des feuilles, et je n'avais aucunement l'intention de sortir sous la pluie pour les déboucher. Heureusement, mon mari revenait d'un des sites de camping sur la plage de Flamands où il avait pu jouer aux cartes pendant quelques heures. Il était bien sûr trempé comme une soupe, donc il se déshabilla entièrement, et sortit avec simplement une serviette blanche autour des reins pour essayer de déboucher les choses. La serviette fut rapidement pleine de boue mais après avoir bien pataugé, l'eau s'écoula enfin. Enfin le samedi après-midi, le soleil se remit à briller par intermittence, à sécher un peu les choses, mais le ciel menaçait encore un peu. Il est probable que ce week-end pascal là restera dans les annales comme le plus arrosé de tous. Je prie simplement pour que le ciel s'éclaircisse avant le vendredi 25 avril. Notre 8ème Festival du Film de St-Barth commence ce jour-là et la pluie n'est vraiment pas invitée (le cinéma est sur un court de tennis... vous imaginez un peu !) De toutes façons, les bobines sont arrivées et tout est prêt.
    Aujourd'hui on a reçu un coup de fil de quelqu'un nous demandant de projeter un film d'horreur du nom de « Cauchemar du zombi », qui parle de vaudou en Haïti. J'ai refusé, mais en fait on aurait peut-être bien besoin d'un peu de magie pour éloigner la pluie.
  A Bientôt,
  Ellen Lampert-Greaux

  Nouvelles Locales et Commentaires     Editoriaux-Archive     Guide du Visiteur