Vue d'Ici:

Ellen Lampert-Greaux d'origine Américaine, vit à Petite Saline et est la rédactrice en chef du Harbour Magazine pour Saint Barth et Saint Martin. Lorsqu'elle n'organise pas le Festival du Film Caraïbe de Saint Barth, ou qu'elle écrit pour différents magazines comme Live Design, MACO et All At Sea, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.

    Janvier 2010

Encore chanceuse

Saint-Barth est une bien jolie île à la bonne étoile ! Nous avons la bonne fortune d’avoir été épargnés par les cyclones de forte magnitude depuis dix ans, exception faite l’année dernière d’Omar dont les fortes vagues ont endommagé les quais (s’il vous plaît, gardez les doigts croisés pour les prochaines saisons…) Mais ici nous sommes juste à quelques centaines de miles d’Haïti. Le contraste était déjà frappant : une des îles les plus riches de la Caraïbe contre la pauvreté la plus absolue. Un visiteur moyen à Saint-Barth dépenserait plus en une semaine que le revenu moyen annuel à Haïti. Mais il y avait toujours de l’espoir pour Haïti, l’espoir que le pays se ressaisirait et émergerait dans une nouvelle lumière. Est-ce que ces espoirs ont été définitivement anéantis par les énormes séismes qui ont frappé l’île les premières semaines de 2010 ? Au cours des quinze dernières années, le Saint Barth Film Festival a reçu de nombreux invités originaires d’Haïti et a montré de nombreux films haïtiens. Raoul Peck, Monique Clesca, Arnold Antonin, Michele Montas ont montré l’excellence intellectuelle, artistique, culturelle d’Haïti. Tel le film intitulé « Port-Au-Prince, Ma Ville » qui illustre les difficiles conditions de centaines de milliers des huit millions d’habitants dont 80% vivent en dessous du seuil de pauvreté. Et ces conditions viennent juste d’empirer au-delà du pire cauchemar avec la vague de chocs sismiques qui a rasé la plus grande partie de la capitale de l’île. Alors que pouvons-nous faire pour aider ? Les jours qui ont suivi le tremblement de terre, de nombreux clubs services de Saint-Barth se sont mobilisés. Le Lions Club a ouvert deux comptes à la banque le lendemain matin, un en dollar et l’autre en euro, au nom du Fond Saint-Barth de soutien pour le désastre Haïtien, sur lesquels les résidents comme les visiteurs peuvent faire des dons. La majeure partie de l’argent ira directement à Haïti par l’intermédiaire de la sœur Jeanne Maurice, une nonne qui sert de contact au Lions Club, tandis que le reste de l’argent sera remis aux organisations humanitaires sur place. En plus, le Rotary Club a immédiatement commandé l’envoi de trois kits de survie pour Haïti. Inventées par le Rotarien Tom Henderson, un ancien secouriste de la Royal Navy, ces boîtes de survie coûtent chacune 750 euros (1000 US dollars) et contiennent une tente pour 10 personnes, des matelas, des couvertures, un réchaud à gaz ou à essence, des ustensiles de cuisine, des jerrycans, un système de purification de l’eau, et des outils : scies, haches, pelles, cordes, moustiquaires et kit d’activités pour les enfants. Le Rotary a également collecté des fonds pour financer l’achat de kits de survie supplémentaires. D’autres activités sont aussi programmées pour que ceux d’entre nous qui sommes assez chanceux pour vivre à Saint-Barth puissent partager notre chance avec ceux qui ont besoin de toute notre aide. Alors faisons tous ce que nous pouvons pour aider. Vous ne savez jamais, le prochain important tremblement de terre peut nous arriver et alors c’est nous qui demanderons de l’aide.

A bientôt,

    Ellen Lampert-Greaux

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