Vue d'Ici:

Ellen Lampert-Greaux d'origine Américaine, vit à Petite Saline et est la rédactrice en chef du Harbour Magazine pour Saint Barth et Saint Martin. Lorsqu'elle n'organise pas le Festival du Film Caraïbe de Saint Barth, ou qu'elle écrit pour différents magazines comme Live Design, MACO et All At Sea, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.

    Décembre 2008

Caution économique

Wall Street en a trouvé une belle. Détroit est en train d’en chercher une. Il reste à savoir si Saint-Barth va en avoir besoin ou pas. Une caution économique, évidemment !
Mais pendant que les hommes d’affaires préoccupés et les constructeurs d’automobiles inquiets se tournent vers le gouvernement américain pour mendier des millions de dollars, difficile pour St-Barth de demander de l’argent auprès du gouvernement français.
Vu de l’extérieur, il semble que Saint-Barth soit le mythique terrain de jeu des riches et célèbres VIP qui font la une des magazines. Mais parfois, même sur ce terrain de jeu pavé d’or, il y a des restrictions budgétaires. Oh, peut-être que pendant les quelques jours autour du nouvel an, la jet set craque pour des cadeaux très luxueux, mais en réalité la récente crise économique et les décisions du gouvernement français ont semé l’inquiétude dans l’île. D’un côté, St-Barth a récemment changé de statut politique, brisant ses liens avec la Guadeloupe pour opter pour une plus grande autonomie incluant une responsabilité fiscale. Mais un des points importants du budget est la nouvelle taxe de séjour payée par les visiteurs. Si la saison d’hiver est ralentie à cause de la crise aux Etats-Unis et partout ailleurs, comment vont se remplir les coffres de la collectivité ? Tout ce que nous pouvons faire est d’attendre et de voir. Il en est de même pour les taxes portuaires et les droits de quai. Un ralentissement affecterait toutes ces sources de revenus.
D’un autre côté, le gouvernement français joue un jeu dur en demandant à la collectivité le paiement inattendu de grosses sommes et le Président du Conseil territorial de l’île, Bruno Magras, et son frère Michel, récemment élu Sénateur de St-Barth, se sont rendus à Paris pour essayer de se faire entendre et de résoudre le problème. Mais si les revenus touristiques sont en baisse, faute de plus-values à Wall Street et à d’autres facteurs économiques, et si le gouvernement français demande plus de participation financière à l’île, les habitants risquent d’être pris au piège entre les deux. La bonne nouvelle est que le dollar est redevenu plus fort contre l’euro, pour le moment au moins, et que le prix de l’essence a diminué, conséquence de la baisse du cours du baril de pétrole. 

Les yachts commencent à s’amarrer dans le port et les arrivées des voiliers classiques de la Transat Lagassé devraient se poursuivre tout au long du mois de décembre, ajoutant un peu plus d’animation. Les restaurants sont ouverts, les décorations de Noël en place, les lits de centaines de chambres d’hôtels et de villas sont faits. Et quand les touristes commenceront à arriver, atterrissage après atterrissage sur la piste de l’aéroport de St-Jean, nous pourrons tous avoir un soupir de soulagement. Cela commencera enfin à ressembler à Noël !

A Bientôt,

    Ellen Lampert-Greaux
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