Vue d'Ici:

    Ellen Lampert-Greaux d'origine Américaine, vit à Petite Saline et est la rédactrice en chef du Harbour Magazine pour Saint Barth et Saint Martin. Lorsqu'elle n'organise pas le Festival du Film Caraïbe de Saint Barth, ou qu'elle écrit pour différents magazines comme Live Design, MACO et All At Sea, Ellen observe autour d'elle et nous raconte sa vision d'ici.

    Juillet 2007
space

    Gloire au chef!

Alors que la campagne présidentielle de 2008 démarre aux Etats-Unis, et un mois après l’élection de Nicolas Sarkozy en France, la petite île de Saint Barth s’est elle aussi donnée un président. Un président? Pour cette bonne vieille Saint Barth? Voilà le résultat d’un certain nombre d’années de repositionnements politiques, qui se terminent avec la création de la Collectivité d’Outre-mer de Saint Barth (la COM). N’étant plus seulement une commune de Guadeloupe, comme elle l’a été ces 61 dernières années, Saint Barth s’est libérée du joug qui pesait sur elle. Cela a sa logique, puisque les préoccupations politiques, sociales et économiques de la Guadeloupe sont bien loin de celles de notre petite île, dont on dit là-bas que les rues sont pavées d’or… (alors qu’elles sont en béton défoncé !). Les élections ont eu lieu le dimanche 1er Juillet, et le maire en fonction Bruno Magras s'est facilement imposé comme le premier président de l'île. Enfin ce n’est pas exactement cela. Les élections ne visaient pas à la désignation d’un président, mais à celle du premier conseil territorial de la COM, entité de 19 personnes se substituant au conseil communal Quatre listes étaient en course, mais celle de Bruno Magras a emporté 72% des voix et 16 sièges sur 19, n’en laissant qu’un à chacune des autres formations. C’est plus que Bruno Magras ne l’espérait lui-même. Le conseil élira son président courant juillet, ce qui devrait être une formalité… Bruno Magras, président. Joli titre! Qui implique bien des responsabilités… L’île se trouve à un point crucial de son histoire, et la campagne menée par les quatre listes a mis en avant des problèmes liés à l’environnement, à la sécurité, à l’aménagement du territoire, et au sujet toujours brûlant de la fiscalisation. L’île est maintenant maîtresse de son destin, et le conseil va devoir prendre en compte l’avis de la population, de Grand Fond au promontoire de l’Eden Rock : trop de voitures, trop de gens, trop de maisons. Il est peut être temps de considérer que “moins, c’est mieux”. Mais comment l’île, en plein boom économique, peut-elle serrer la vis? Il faudra sans doute prendre des décisions radicales. Je pense que notre nouveau président en est capable, pour assurer l’avenir de l’île. Et j’espère que les membres du conseil garderont à l’esprit ce que nous aimons avant tout à Saint Barth : pouvoir se détendre les doigts de pieds dans le sable, loin de la folie citadine... Réussirons-nous à préserver cela?
Bruno Magras, à vous de jouer!

    A Bientôt,
    Ellen Lampert-Greaux
Chronique traduite de l'anglais par Dominique Clavier
  Nouvelles Locales et Commentaires   |    Archives    |   Guide du Visiteur