Editorial:   Votre rédacteur a découvert Saint-Barth en 1968 et y réside depuis plus de vingt ans. Il vit avec sa famille franco-américaine sur les hauteurs de Lorient depuis lesquels il contemple fasciné le film d'un mode de vie unique et paisible se dérouler devant ses yeux.
  Avril 2000
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  En un très court laps de temps - moins de vingt ans - St-Barth a troqué son endormissement pour une animation fébrile, son statut d'oubliée pour s'afficher à la face du monde, et sa pauvreté pour la richesse . Entre autres conséquences, deux sujets pendant longtemps ensevelis ont refait surface: les relations fiscales de St-Barth avec la France et le statut politique de St-Barth vis à vis de la France et la Guadeloupe.
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  Dans le premier cas, depuis des années, les résidents de Saint-Barth ont été exonérés de l'impressionnante palette d'impôts métropolitains, en partie par la grâce du traité de rétrocession Franco-Suédois de 1878, mais surtout par simple négligence. Désormais, à cause des descriptions dithyrambiques dans la presse en tant que lieu de prédilection pour la jet-set, le fisc revendiquent le droit d'avoir sa part, également.
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  Dans le deuxième cas, la situation de Saint-Barth en tant que commune de la Guadeloupe, déterminée à l'époque de la réorganisation générale du territoire au lendemain de la deuxième guerre mondiale, a des fondements plus géographiques que culturels. En fait, St-Barth n'a pas grand chose en commun avec la Guadeloupe : petite et sèche, elle n'a pas, et n'aura jamais, une économie basée sur l'agriculture. Et tout aussi significatif, sa population de souche descend d'aventuriers français, et non pas d'esclaves africains.
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  Ceci n'avait guère d'importance au temps où Saint-Barth sommeillait dans l'oubli, mais au fur et à mesure que le gouvernement se fait plus interventionniste et complexe, la perspective de dépendre du bon vouloir des membres d'une culture, et d'une réalité économique si différente apparait d'autant moins désirable.
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  Le génie serait de faire d'une pierre deux coups, et c'est exactement ce que souhaite faire le pouvoir local.
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  Il existe d'autres formes d'organisation politique avec la France que celle qui prévaut actuellement pour St-Barth. Ce sont: 1) les collectivités territoriales (exemple : Saint-Pierre-et-Miquelon près du Canada), 2) les territoires d'outre-mer (exemple: la Polynésie française), et 3) un statut spécial comme pour la Nouvelle-Calédonie.
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  Toutes accordent au bénéficiaire beaucoup plus d'autonomie que dans le cas d'une commune d'un département, et c'est ce que les élus locaux, tout comme la population locale, pensent que St-Barth, au vu de son histoire, et de ses spécificités, est en droit d'obtenir.
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  Tout changement de statut doit nécessairement comporter une phase de débats et une définition de l'aspect fiscal des choses, et le moment serait alors idéal pour résoudre le problème épineux des responsabilités fiscales de St-Barth vis-à-vis de la mère patrie.
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  Quand tout ceci arrivera-t-il, si cela doit se passer, cela reste une inconnue; mais il est réconfortant de constater que les gens du cru, habitués pendant des années à se débrouiller tout seul de par la négligence de leur autorité de tutelle, souhaitent aboutir à une situation claire, pour assumer en toute connaissance de cause leur propre bien-être.

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  A bientôt pour d'autres commentaires ...
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  Peter O'Keefe

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