Editorial:   Votre rédacteur a découvert Saint-Barth en 1968 et y réside depuis plus de vingt ans. Il vit avec sa famille franco-américaine sur les hauteurs de Lorient depuis lesquels il contemple fasciné le film d'un mode de vie unique et paisible se dérouler devant ses yeux.
  Février 1999
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  Dernièrement, Saint-Barth a été sous le feu des projecteurs médiatiques de part et d'autre de l'Atlantique.
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  Bien que cela ne soit pas la première fois que cela arrive, et pas la dernière fois non plus, les réactions cette année ont atteint une amplitude inattendue: des demandes de renseignements sont arrivées en très grand nombre, principalement de France, de personnes qui se demandaient qu'elles étaient leurs chances de trouver un travail en arrivant.
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  Jusque là, les étrangers considéraient Saint-Barth comme un refuge. Ils aimaient y trouver l'anonymat et l'oubli, et les différences culturelles établissaient entre eux et l'extérieur la distance voulue.
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  Aujourd'hui, les nouveaux arrivés cherchent fortune, bluffés par les descriptions tape-à-l'oeil d'un paradis tropical sans impôt où des pigeons pleins aux as viennent en vacances distribuer leurs largesses à tous ceux qui tendent la main.
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  La plupart de ces gens pleins d'espoir devront déchanter.
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  La vie à Saint-Barth est facile sous beaucoup d'aspects, mais y gagner sa vie ne l'est pas, surtout pour les étrangers. Il est très difficile de trouver à s'y loger, et même avec de la chance, les loyers sont faramineux. Si les emplois manuels de toute sortes sont en ce moment très demandés, les emplois offrant une certaine stabilité ou un certain niveau sont rares.
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  Les nouveaux entrepreneurs découvrent vite que la clientèle est limitée, peu expansible et fluctuante, que douze mois de charges doivent être payés par six mois de rentrées, et que les marchands sur la place ont un sens de la compétition aigu et très agressif.
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  Ces dernières années, l'afflux de prédateurs a été en large excès sur celui des proies, et il n'y a pas de raison que cela change bientôt.
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  Certes on voudrait compatir avec les prisonniers d'un climat froid et gris qui se voient déjà sirotant une pina collada dans un hamac en écoutant le rythme des vagues qui s'écrasent sur le rivage et en observant des beautés à moitié dévêtues se trémousser sur la plage.
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  Mais se faire une bonne place au soleil du Paradis a toujours été plus difficile que ce que les brochures touristiques peuvent bien vous faire croire.

  A bientôt pour d'autres commentaires ...

  Peter O'Keefe


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