Les Nouvelles
- bimensuelles -
Par Cécile Lucot
D’origine bordelaise, Cécile Lucot s’est installée à St-Barth en 1995. Après avoir collaboré au St-Barth Magazine pendant six ans, elle a travaillé pour le quotidien d’informations locales Today. Elle est actuellement rédactrice en chef du magazine de la Famille Les Enfants de St-Barth et présente une à deux fois par mois sur St. Barth Online une synthèse de l’actualité des quinze derniers jours.
03 novembre 2009 - #109


Ouvertures et nouveautés

Après deux mois de traditionnelle fermeture de la fin août à la fin octobre, restaurants, hôtels et boutiques se sont préparés ces quinze derniers jours pour être prêts à rouvrir ce week-end d’Halloween. Rangement des protections anti-cycloniques (chance pour St-Barth, il n’y a eu aucune tempête à déplorer cette année), réfection des peintures, grand nettoyage et recrutement des équipes, telles sont les principales occupations des propriétaires et gérants depuis un petit mois. Parmi les changements, citons le Sapotillier repris par Patou alias Patricia Déravin et Nino un de ses employés au Caviar Island la saison précédente. Patou et Nino sont désormais associés pour exploiter le B4 St-Barth dont la soirée d’ouverture, après trois semaines de travaux, a rythmé le samedi soir 31 octobre. Autre nouveau restaurant ouvert depuis cet été, L’Entre Deux, anciennement La Gamelle, tenu par Jackson Questel longtemps manager de l’équipe du BAZ bar. De l’autre côté du port, les garçons de La Saladerie fermée depuis quelques mois ont ouvert début août Harbor Saladerie à la place du restaurant Jao anciennement l’Escale. À Saline, Le Tamarin est désormais exploité par Tof et son équipe, auparavant à la Mandala, Mandala qui vient d’être rachetée et rebaptisée Banbino. Changement de propriétaire également au Do Brazil et rouverture jeudi 29 octobre avec comme promis, même ambiance et spécialités culinaires. À St-Jean, juste avant le Swedish Design Center, T Saveurs est un salon de thé ouvert depuis l’été où l’on déguste sur place ou à emporter de délicieuses tartes salées et sucrées. Parmi les nouvelles boutiques en ville, le magasin de décoration et d’ameublement La Fabricca en lieu et place de la galerie Didier Spindler à côté du Crédit Agricole et ouvert par la designer italienne Emanuela Miani dont la villa à Vitet est également un superbe show room. À l’entrée de Gustavia, à côté du glacier le Petit Deauville, la marque Mademoiselle Hortense présente dans sa nouvelle boutique pour femmes et fillettes toute une collection de robes et tops en Liberty. Enfin, le Great Bay Express est un nouveau et confortable bateau climatisé qui assure les liaisons entre Philipsburg (St-Maarten) et Gustavia deux à trois fois par jour.

Le Sélect fête ses soixante ans

Marius« Le Sélect est né de la volonté inébranlable de survivre d’un homme et de son besoin viscéral de communiquer. Ce lieu de rencontre a reçu les plus grands comme les plus humbles avec la même simplicité, la même chaleur humaine et le même respect de l’un envers l’autre ». Marius Stakelborough

Le Sélect rythme la vie locale depuis soixante ans, endroit incontournable où les locaux comme les visiteurs s'arrêtent au moins une fois par jour. Pour célébrer cet anniversaire, trois jours festifs sont organisés les 6, 7 et 8 novembre prochains avec steel band, concert de Jimmy Buffet et feu d’artifice.

Portrait de cet endroit mythique de Gustavia.
Quand le Sélect a ouvert ses portes le 11 novembre 1949, son propriétaire, Marius Stakelborough est passé pour un original. À l’époque, aucun commerce de ce genre n’existait sur l’île. Implanté dans une petite case en bois, la case “Shell Shop” toujours debout à la même place rue du Général de Gaulle, le Sélect cumulait les fonctions. La maison était d’abord le domicile de Marius Stackelborough, de sa femme Hélène et de leurs enfants. Leur salon faisait office de bar-restaurant-mini-bibliothèque où l’on servait café, ti’punchs et poisson frit. Les clients pouvaient y lire librement les journaux et les ouvrages du propriétaire et repartir avec un paquet de sucre ou des outils, l’établissement faisant également office de bazar-épicerie-quincaillerie. Au début des années 1950, le commerce maritime entre Saint-Barthélemy et les îles de la Caraïbe commençait à régresser. Les marins St-Barths furent obligés de rester à terre et de chercher du travail, tout comme Marius qui lui aussi du débarquer. Alors qu’il cherchait à s’occuper, il pensa créer un lieu où les habitants des autres quartiers de l’île venus vendre leurs produits frais en ville pourraient se restaurer et se désaltérer tout en lisant les dernières nouvelles, avant de retourner à pied ou à dos de mulet chez eux. L’idée de se rafraîchir et de repartir l’estomac plein séduit et les clients furent rapidement de plus en plus nombreux. On venait aussi au Sélect faire quelques courses, sur d’y découvrir les produits les plus modernes tout juste débarqués du bateau en provenance de France. Ainsi, le premier tourne-disque Tepaz arrivé sur l’île permit d’écouter au Sélect les nouveaux 75 tours. Les femmes y trouvèrent la première pilule contraceptive anglaise et purent enfin lire les revues de mode parisienne. À la tombée de la nuit, les hommes se retrouvaient autour d’un ti’punch et d’un bon plat cuisiné par Hélène. Certains apportaient leur accordéon ou leur tambourin et les soirées se terminaient en rires et notes de musique. Unique bar-restaurant de la ville, l’endroit devint également le lieu de rendez-vous des visiteurs de passage.

En 1953, la famille Stackelborough déménagea pour une case plus spacieuse à l’angle du bord de mer, à l’emplacement actuel de la boutique Goldfinger. Avec le temps, le Sélect accueillit de plus en plus de monde. Les dix enfants de Marius aidaient leurs parents après l’école : en cuisine, au bar, tout le monde mettait la main à la pâte. Dans les années 70, les touristes commencèrent à apprécier St-Barth et avec eux arriva une jeunesse assoiffée de liberté. Parmi elle, Johnny Hallyday, Joe Dassin, Jimmy Buffet, Rudolf Noureïv, la famille Rockfeller… Qui se retrouvaient à l’heure de l’apéritif autour d’une des petites table en bois. Séduit par l ‘ambiance du lieu, Jimmy Buffet lui dédia sa célèbre chanson “Cheeseburger in paradise”. En 1977, le bar s’installa dans les anciens locaux de La Poste, à l’endroit où il se trouve actuellement. Après des travaux de rénovation, le Sélect ouvrit de nouveau ses portes, cette fois-ci avec un comptoir tout neuf et une terrasse ombragée. Mélange de genres, cocktail de styles, compilation de caractères, l’endroit, en plein centre de Gustavia, est devenu le lieu incontournable de rencontre des vacanciers comme de la population locale. On y croise toujours Marius, veuf depuis la disparition de sa femme en 1984, et ses enfants qui continuent à s’occuper de l’établissement.

En 1999, toute la famille Stakelborough avait travaillé pendant des mois à l’organisation de la célébration des cinquante ans du Sélect. Trois jours de fête mémorables pendant lesquels l’île a accueilli plus de 5000 personnes venues pour l’occasion. Des gens de bateaux, des Américains, des Suédois qui connaissaient St-Barth depuis parfois plus de trente ans se sont retrouvés au Sélect pour parler du bon vieux temps, revoir Marius et les amis. L'île était comble, on se serait cru en pleine période des fêtes de fin d'année. Dix ans plus tard, ce mélange de joie et d’excitation des retrouvailles est en train de renaître: plus une chambre d'hôtel vide, plus une voiture à louer, St-Barth va vivre le week-end prochain au rythme des souvenirs et de la fête dans une ambiance chaleureuse et conviviale.

 A Bientôt

  Cécile Lucot