Les Nouvelles
- bimensuelles -
Par Cécile Lucot
D’origine bordelaise, Cécile Lucot s’est installée à St-Barth en 1995. Après avoir collaboré au St-Barth Magazine pendant six ans, elle a travaillé pour le quotidien d’informations locales Today. Elle est actuellement rédactrice en chef du magazine de la Famille Les Enfants de St-Barth et présente une à deux fois par mois sur St. Barth Online une synthèse de l’actualité des quinze derniers jours.
12 octobre 2009 - #108


Carte d’urbanisme, demandes de déclassement et pétitions

Le public était venu nombreux assisté au conseil territorial du 16 juillet dernier pour écouter les débats des dossiers à l’ordre du jour et tout particulièrement les discussions concernant le projet et le règlement de la carte d’urbanisme, un document qui délimite les zones constructibles et qui précise les modalités d’application du code de l’urbanisme votées par les élus dans le cadre de la COM.
Dans son exposé présentant ce délicat dossier de maîtrise du foncier, Bruno Magras a déclaré « nous avons obligation de transmettre aux générations futures une île où il fait bon vivre… nous devons aussi permettre à nos jeunes de s’installer tout en préservant l’environnement et en développant au mieux le tourisme ». Ajoutant qu’il était nécessaire d’avoir des chambres d’hôtels supplémentaires, le Président a expliqué avoir reçu deux demandes de permis de construire à Saline et à Toiny pour des établissements hôteliers. À l’issue des débats, les conseillers ont voté la consultation publique de ce projet de carte du 20 juillet au 15 septembre.
Au terme de cette consultation publique à l’hôtel de la Collectivité, plus de 400 observations ont été enregistrées, la majorité demandant le classement en zone constructible de parcelles de terrains classées zone naturelle inconstructible. Parmi ces demandes, trois font l’objet de vives réactions de la part des membres des associations Saint-Barth Environnement, Saint-Barth Essentiel et l’association pour la protection des oiseaux. Les responsables de ces trois associations pour la protection de l’environnement et du patrimoine ont lancé une pétition intitulée « sauvons les derniers espaces naturels de St-Barthélemy » afin de sensibiliser la population à la forte pression exercée visant à demander le déclassement en zone constructible de trois terrains classés zone verte.
À Toiny, c’est un Saint-Barth qui souhaite construire un petit hôtel en bord de plage.
À Grand Cul-de-Sac, la demande du groupe d’investisseurs Cardinal vise à réaliser la construction de quatre villas, en contrepartie de laquelle elle rétrocéderait à la collectivité l’étang de Petit Cul-de-Sac. Le 27 novembre 2008, le conseil exécutif a émis un avis favorable à ce projet, donnant mandat au président pour poursuivre les négociations et s’abstenant de tout examen en conseil territorial.
Enfin à Saline, le promoteur new-yorkais André Balazs, déjà propriétaire de huit hôtels grand luxe à New York, Los Angeles et Miami et qui possède 50% d’un terrain de 33 hectares juste derrière la dune de la plage aimerait développer un "eco-resort" 6 étoiles d’une quarantaine de bungalows sur pilotis, un projet unique consistant à réhabiliter et à protéger le site et qui répondrait aux exigences les plus restrictives de certification écologique. Dans le cahier des charges dont l’objectif est de minimiser au maximum l’empreinte écologique du complexe hôtelier, la production par le biais d’énergies renouvelables de plus de 50% de son électricité, le compost des déchets organiques et la purification des eaux recueillies. Le projet intègre également la création d’un parc naturel privé de 24 hectares qui serait ouvert au public et géré par un organisme indépendant. L’homme d’affaires américain est venu lui-même défendre son projet lors d’une réunion avec les membres des associations et les élus, assurant qu’il ne toucherait pas à la plage de Saline qui garderait son état sauvage actuel, sans aucun transat ni construction. Un groupe de résident de Saline s’est lui aussi mobilisé en faisant circuler une deuxième pétition intitulée « Au secours, Saline en péril » pour réunir le plus grand nombre de signatures et montrer leur désaccord à un projet qu’ils jugent certes intéressant mais non adapté au quartier.
La pétition lancée par les trois associations a reçu le soutien du chanteur américain Jimmy Buffett visiteur régulier et de longue date, et a finalement recueillie plus de 1000 signatures d’électeurs de St-Barth, un chiffre suffisant pour pouvoir user du droit à la consultation populaire prévu par la loi n°2007-223 du 21 février 2007 qui prévoit que 10% des électeurs puisse saisir le conseil territorial afin d’organiser une consultation pour un dossier relevant de la décision du conseil. Les responsables des associations ont déposé la pétition le 6 octobre à l’hôtel de la collectivité, demandant que ce sujet de la consultation populaire soit abordé pendant le conseil territorial qui s’est tenu deux jours plus tard. Le 8 octobre, le public venu écouter les débats a été déçu, le sujet n’a pas été évoqué par le Président.

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  Cécile Lucot