Les Nouvelles
- bimensuelles -
Par Cécile Lucot
D’origine bordelaise, Cécile Lucot s’est installée à St-Barth en 1995. Après avoir collaboré au St-Barth Magazine pendant six ans, elle a travaillé pour le quotidien d’informations locales Today. Elle est actuellement rédactrice en chef du magazine de la Famille Les Enfants de St-Barth et présente une à deux fois par mois sur St. Barth Online une synthèse de l’actualité des quinze derniers jours.
22 juin 2009 - #106


Nouvel adressage dans Gustavia

Fleur Australe

Afin d’instaurer un adressage précis de chaque habitation, le conseil municipal avait décidé une mise à jour de la nomination des rues par délibération 2007-31du 30 mai 2007. Les élus de la commission des affaires culturelles de la collectivité ont étudié la question pour faire éditer début mars 2009 un plan précis de la ville.

Revenons brièvement sur l’histoire de l’île pour comprendre la première nomination des rues de Gustavia. Les colons français ont occupé St-Barth de manière permanente à partir de 1659. Après la cession de l’île par la France à la Suède en 1784, les Suédois ont peu à peu aménagé le site du port alors appelé « Le Carénage » pour en faire une bourgade qu’ils baptisèrent Gustavia. Ils donnèrent un nom suédois à chaque rue, dénomination francisée après la rétrocession de l’île à la France en 1878. Au cours du XXème siècle, certaines rues ont été renommées de noms de personnalités françaises n’ayant aucun lien historique avec St-Barth. Les élus de la commission des affaires culturelles de la collectivité se sont attachés à remplacer ces noms sans rapport avec l’histoire de l‘île par des noms plus familiers. Ainsi la rue Gambetta est devenue la rue Adrien Questel, botaniste bien connu pour ses travaux et son ouvrage, la rue Courbet a été renommée rue des Dinzey, nom d’une famille influente à Gustavia au XIX ème siècle, la rue du centenaire est devenue la rue Samuel Fahlberg, géomètre et cartographe suédois à l’origine de la première carte de la ville. Les Pères Irénée de Bruyn et Robert Dugon ont également une rue leur rendant hommage tout comme Lubin Brin facteur et ancien combattant et Augustin Cagan ancien adjoint au maire. Les élus n’ont pas oublié l’époque suédoise en baptisant certaines artères rue de la Suède, rue August Nyman, rue de Pitea et rue de la Suède.

Au verso du plan diffusé gratuitement au bureau du Comité Territorial du Tourisme de St-Barthélemy et dans de nombreux lieux publics, figurent l’ancienne dénomination de la rue accompagnée de brefs renseignements sur le nom de chaque personnage choisi.

Après cette première étape de re-nomination des rues de la ville et la pose de nouvelles plaques, les services techniques de la collectivité s’apprêtent à installer de manière visible sur chaque maison un numéro personnel. Cette numérotation part depuis l’entrée de la ville par le bord de mer jusqu’à l’hôtel de la collectivité pour les rues parallèles à la rade. La numérotation des rues transversales a été décidée en partant du bord de mer pour remonter vers les hauteurs.

L’adressage précis de Gustavia n’est que le début d’un vaste projet d’officialisation des limites des quartiers de l’île puis d’un découpage de chacun des villages en lieux dits, des zones d’habitations qui joueront le rôle des noms des rues pour que chaque maison puisse ensuite être dotée d’un numéro précis.Des réunions publiques ont lieu depuis le début du mois pour délimiter dans un premier temps le quartier de Corossol et ses lieux dits ainsi que ceux de Flamands, Merlette et Terre Neuve. Les habitants ont répondu en nombre à l’appel d’Yves Gréaux, Vice-Président de la collectivité, qui leur avait demandé par voie de communiqué de presse de venir partager leurs connaissances afin que perdure officiellement à travers l’adressage les noms traditionnels que donnaient les anciens aux différents lieux-dits. Les propositions de cartes de découpage de ces quartiers sont actuellement exposées au public dans le hall de l’hôtel de la collectivité.

 A Bientôt

  Cécile Lucot