Les Nouvelles
- bimensuelles -
Par Cécile Lucot
D’origine bordelaise, Cécile Lucot s’est installée à St-Barth en 1995. Après avoir collaboré au St-Barth Magazine pendant six ans, elle a travaillé pour le quotidien d’informations locales Today. Elle est actuellement rédactrice en chef du magazine de la Famille Les Enfants de St-Barth et présente une à deux fois par mois sur St. Barth Online une synthèse de l’actualité des quinze derniers jours.
20 mai 2009 - #104


Voile, théâtre et poésie

CNSB_Tour-SBH

Le premier week-end du mois de mai était placé sous le signe de la voile. Dans la baie de St-Jean, le Centre Nautique de St-Barth organisait le Tour 2009, compétition annuelle de planches à voile et de catamarans de sport associée pour cette sixième édition aux dériveurs du St-Barth Yacht Club. Lors du premier tour de l’île en 2004, deux records toujours à battre avaient été établis par Ricardi Maricel en planche à voile en 1h 14mn 37sec et par l’équipage Jeff Lédée/Vincent Jordil en catamaran en 1h 32mn 50sec. Ce tour 2009 promettait d’être riche en suspens, avec un vent établi de 12/13 nœuds de secteur Nord/Nord-Est et une mer belle, la météo laissant présager de magnifiques régates. Le samedi 2 mai, la plage était animée dès le matin tôt, les six Laser du SBYC ont ouvert les départs suivis une heure plus tard par les neuf concurrents en planches à voile et les sept catamarans. Après la traversée de la baie de St-Jean, tous les navires ont pris la direction de Tortue pour un passage plus facile que d’habitude devant la pointe de Toiny grâce à une mer relativement calme puis une magnifique descente sous le vent de l’île. À Gouverneur, les premiers catamarans et planches à voile rejoignaient et dépassaient les Laser avant de croiser devant Shell Beach, les voiliers de la West Indies Regatta en pleine course. En catamaran, les équipages Jeff Lédée/Vincent Jordil et Vincent Beauvarlet/Turenne Laplace ont battu le record établi en 2004 en passant la ligne respectivement en 1h 24mn 10sec et 1h 28mn 50sec. En planche à voile, l’arrivée dans la baie de St-Jean s’est faite au sprint. Gilles Reynal a finalement pris l'avantage en passant la ligne en première position en 1h 35mn 20sec, devant Pierrick Guilbaud et Jean-Marc Peyronnet à peine 2 mn derrière. À 14 ans, le plus jeune concurrent Théo Reynal a bouclé son tour en 1h 48mn 18sec suivi 64 sec après par Hélène Guilbaud la seule femme de la compétition. Le premier Laser barré par Benoît Meesemaecher établi un nouveau record en réalisant le tour de l’île en 2h 35mn 59sec.Le lendemain dimanche, le CNSB organisait une journée portes-ouvertes pendant laquelle petits et grands ont pu découvrir et s’initier gratuitement à la planche à voile, au catamaran, au Laser et au RS Feva, autre voilier léger du SBYC. Ce même week-end le port de Gustavia avait la visite d’une dizaine de voiliers traditionnels en bois venus d’Antigua afin de participer à la West Indies Regatta, deux jours de régates amicales organisées par Loulou Magras et Alexis Andrews, photographe de marines. Pari réussi pour ces deux amis de longue date que de réunir dans les eaux de St-Barth ces sloops construits à Carriacou dans la plus pure tradition caraïbéenne. Amarrés devant l’hôtel de la collectivité, les bateaux ont attiré en soirée un nombreux public. Le quai accueillait également des stands animés par les équipages et sur lesquels vidéos et ouvrages sur la construction de ces navires étaient en libre accès.

West-Indies-Regatta


 

Festival de théâtre et Journées de la Poésie

Pour cette huitième édition du festival de théâtre de St-Barth du 6 au 16 mai, la troupe de théâtre amateur SB Artists et son mentor la comédienne Nadège Emmanuelian avaient concocté un programme éclectique riche en comédies pour alterner soirées désopilantes et sujets plus sérieux. Clémence Massart, qui présentait il y a deux ans son spectacle  "La Vieille au bois dormant" était revenue avec "Que je t'aime » mis en scène par Philippe Caubère, d'incroyables et authentiques courriers du coeur des femmes des années 50 et 60 réincarnées par la comédienne. Les humoristes François Rollin et Willy ont présenté leurs « one man show » respectifs.  Quant à la troupe locale, elle a interprété trois pièces, « Un air de famille » comédie écrite par le duo Jaoui/Bacri, « Les belles sœurs » vaudeville d’Eric Assous et « Un corps parfait » d’Eve Ensler, auteur également des « Monologues du vagin ». Toutes les représentations ont eu lieu dans la salle paroissiale rénovée en théâtre et située à côté de l’église catholique de Gustavia.Nouveauté de cette édition, le festival de théâtre accueillait les journées de la poésie organisées par Monique Pignet.

Les poètes Luis Mizon et Virgile Novarina sont intervenus dans les écoles. Continuant son expérience sur l’imaginaire de la nuit, Virgile Novarina a dormi six nuits dans un lit installé dans la vitrine de la boutique de linge de maison La Case Piment Vert à Gustavia. Son objectif était de présenter les attitudes du dormeur et de montrer le côté intime du sommeil. Les dessins qu’il expose à travers le monde sont les souvenirs de ses rêves qu’il note à chacun de ses réveils. Pour faire réfléchir les enfants sur la poésie et l’imaginaire, il leur a demandé de trouver des noms pour chaque nuit de la semaine sur le modèle des noms de chaque journée.

Luis-Mizon+Virgile-NovarinaVirgile-Novarina-par-David-Wegman

L’acteur Eric Judor, connu pour son rôle dans la série télévisée H, a animé des ateliers de théâtre et le slameur français Grand Corps Malade a présenté son spectacle le samedi soir sur un plateau de l’AJOE plein à craquer. Dix jours intenses, avec un programme culturel composé de lectures de poésie, rencontres et débats à la galerie Porta 34 à partir de 15h et de pièces de théâtre jouées à guichet fermé en soirée. Face au succès de la manifestation, la troupe SB Artists rejouera à 20h le 23 mai « Les belles sœurs », le 30 mai « Un air de famille » et le 5 juin « Un corps parfait »

Grand-Corps-malade+Monique-Pignet+Eric-Judor

Interview croisé de Nadège Emmanuelian et Monique Pignet

Martine+Monique+Nadege

Comédienne de formation, Nadège a longtemps donné des cours de théâtre à Paris parallèlement à ses études universitaires. Arrivée en 1997 sur l’île pour changer de vie, sa cousine Martine résidente à St-Barth l’incite alors à ne pas abandonner le théâtre. Nadège créé d’abord des ateliers pour les enfants puis quelques mois plus tard des cours pour adultes. La compagnie SB Artists est rapidement montée par des amateurs passionnés et ravis d’être guidés par l’artiste.
Monique Pignet, propriétaire de villas sur l’île, ex-enseignante devenue femme d’affaires dans l’hôtellerie pour suivre son mari est à l’origine « Des journées de la poésie », manifestation de promotion de la poésie en Outre-mer.
St-Barths online : Comment l’idée de créer le festival de théâtre a-t-elle émergé ?
Nadège Emmanuelian : Une rencontre au Sélect en 2001 avec un amateur de théâtre passionné qui jouait dans la compagnie de St-Martin et qui souhaitait établir un lien entre les deux îles. La première année, nous avons organisé un mini-festival de café-théâtre avec la troupe du petit théâtre de St-Martin, une troupe venant de Guadeloupe et SB Artists.
St-Barths online : D’où est venue l’idée d’associer théâtre et poésie ?
Monique Pignet: « Les journées de la poésie » sont pour moi chaque année une nouvelle aventure, l’intérêt est de faire de nouvelles rencontres et de les partager. Après une association avec la journée du livre en 2008, je cherchais pour cette troisième édition une nouvelle structure d’accueil. Ma rencontre avec Nadège et les discussions qui s’en sont suivies nous ont mutuellement incité à mettre en place des ponts entre théâtre et poésie. La réussite de la création de ces liens va au-delà de mes espérances, les deux sujets se sont harmonieusement liés sans jamais se gêner.
St-Barths online : Pensez-vous reproduire la même association l’année prochaine ?
Nadège et Monique : il est encore trop tôt pour le dire, mais nous sommes toutes les deux satisfaites de ces premiers liens, pourquoi ne pas les consolider dans l’avenir…

 A Bientôt

  Cécile Lucot