Les Nouvelles
- bimensuelles -
Par Cécile Lucot
    D’origine bordelaise, Cécile Lucot s’est installée à St-Barth en 1995. Après avoir collaboré au St-Barth Magazine pendant six ans, elle a travaillé pour le quotidien d’informations locales Today. Elle est actuellement rédactrice en chef du magazine de la Famille Les Enfants de St-Barth et présente une à deux fois par mois sur St. Barth Online une synthèse de l’actualité des quinze derniers jours.
5 novembre 2007 - #82

Réensablement de la plage de St-Jean

La baie de St-jean vue de l'Eden Rock
La baie de St-Jean vue de l'Eden Rock

À la suite du passage de cyclones sur l’île (Luis en septembre 1995 puis Georges en 1998 et José et Lenny en 1999), la plage de St-Jean n’a jamais retrouvé son volume de sable, contrairement à celle de Flamands.

En 2000, elle a fait l’objet d’un premier réensablement par prélèvement de 8000 m3 de sable dans la passe entre l’Eden Rock et le récif corallien. Mais cette initiative d’un collectif de socioprofessionnels n’a été efficace que le temps d’une saison touristique, l’année suivante, le sable importé avait disparu. Plusieurs raisons à cet échec : tout d’abord le mouvement périodique naturel du sable qui, de l’hiver à l’été, se déplace pour aller engrossir tantôt la partie ouest de la plage, tantôt le coté est. Force est de constater que la barrière de corail à l’entrée de la baie est morte et que les herbiers qui participaient au ralentissement de la vitesse de la houle ont disparu. Enfin, après le passage des ouragans, les riverains ont tenté en vain de protéger leurs propriétés de l’assaut des vagues et de l’érosion marine en montant pales planches, murs en bétons et lourds enrochements. Ces constructions ont eu pour conséquence de créer une nouvelle dynamique des vagues qui viennent heurter ces édifices dont certains aujourd’hui n’ont pas résisté à la force de la mer. Un mur en béton s’est affaissé et est fendu sur toute sa longueur. Aucun facteur naturel ne retient plus la houle de venir buter avec force sur les murs en béton et les enrochements, les vagues repartent en entraînant avec elles le sable, un phénomène qui ne fait qu’augmenter le phénomène de creusement de la plage.

Actuellement, la partie de la baie comprise entre l’Eden Rock et le Tom Beach est privée de plage alors que depuis le bout de la piste de l’aéroport jusqu’à la résidence des Ilets de la Plage, le sable forme une large langue. Au mois de juillet dernier, les propriétaires de l’Eden Rock soutenus par l’association des hôteliers et tout particulièrement les hôtels riverains ont demandé aux élus l’autorisation de procéder à leurs frais au réensablement de cette partie est de la plage de St-Jean.

Les élus ont requis les avis de différents spécialistes, celui de Déborah Brosnan, biologiste marin ainsi que l’opinion de deux sociétés, l’une spécialisée dans les démarches scientifiques à mettre en œuvre et l’interprétation et le suivi des études, l’autre dans les interventions mécaniques en milieu marin. Des photos de la plage prises au cours des trente dernières années avaient été rassemblées pour compléter l’analyse du problème. Les conclusions des personnes sollicitées sont unanimes : l’écosystème de la baie de St-Jean est définitivement perturbé et les causes de cette situation sont multiples (climatiques, biologiques, chimiques et évidemment humaines).

Le conseil territorial vient d’autoriser le réensablement de cette partie est de la plage, conscient des conséquences économiques que la situation actuelle pourrait engendrer pour la future saison touristique. Cependant, les élus comme les membres des associations de protection de l’environnement ne sont pas convaincus de l’effet positif à plus ou moins long terme de cet apport de sable par la main de l’homme.

Pour Michel Magras, vice-président du conseil exécutif et professeur de biologie, cette intervention d’urgence ne peut être qu’une solution a cours terme qui doit être suivi par un traitement de fond. Il préconise « dans un premier temps de réimplanter du corail et des herbiers et de suivre leur évolution » un traitement déjà réalisé autour d’autres îles et qui donne d’excellents résultats. Il ajoute qu’ensuite « il conviendrait de récréer le profil initial de la plage afin de traiter efficacement la dynamique des vagues, une opération qui devrait passer par une suppression des obstacles, palle planche, murs en béton et enrochements ». Enfin il évoque la possibilité, « si ces actions s’avéraient inefficaces, de créer une barrière protectrice artificielle », des responsabilités et des décisions qui incomberont au conseil territorial.



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