Les Nouvelles
- bimensuelles -
Par Cécile Lucot
    D’origine bordelaise, Cécile Lucot s’est installée à St-Barth en 1995. Après avoir collaboré au St-Barth Magazine pendant six ans, elle a travaillé pour le quotidien d’informations locales Today. Elle est actuellement rédactrice en chef du magazine de la Famille Les Enfants de St-Barth et présente une à deux fois par mois sur St. Barth Online une synthèse de l’actualité des quinze derniers jours.
20 septembre 2007 - #80

Inaugurations et SB JAM Music Festival

Fete quartiers du vent - Benediction plage de LorientFete quartiers du vent - Regate voile traditionnelle

Le mois d’août a été, comme chaque année, une période festive : fêtes de quartiers dans toute l’île, mise à l’eau de la pirogue Savacou, SB JAM Music Festival et inauguration de la statue en bronze placée au centre du rond-point du col de la Tourmente.


Savacou, la pirogue St-Barth

pirogue savacou Au début du siècle dernier, les hommes naviguaient sur des pirogues, étroits canots utilisés pour aller à la pêche, le transport des marchandises et régater les jours de fêtes à l’occasion des « boulines ». La construction d’une pirogue débutait par la commande d’un tronc de gommier en Dominique. L’arbre coupé était livré à St-Barth par une des goélettes de l’époque effectuant régulièrement le transport de marchandises et de personnes entre les îles. Arrivée à St-Barh, la pièce était creusée, taillée et rabotée en largeur comme en longueur pour devenir la coque du navire. Aujourd’hui, les pirogues de St-Barth ont pratiquement toutes disparu. Seules subsistent encore quelques doris, autre modèle d’embarcation traditionnelle utilisée au début du 20ème siècle sur l’île.
À travers l’inventaire du patrimoine local, les membres du club de l’UNESCO St-Barthélemy Caraïbes ont décidé de soutenir la construction d’une pirogue, un projet plébiscité pour son respect de l’esprit des techniques ancestrales. Le 15 février dernier, les premiers contacts avaient été établis avec les responsables de la communauté du Territoire Caraïbe dans l’île de la Dominique. Rapidement, commande fut passée pour la coupe d’un tronc de gommier choisi pour pouvoir y tailler une pirogue de 18 pieds (soit une longueur de 5,40 mètres), d’un tronc constituant le mat, d’un bambou pour la bôme, et d’une paire de rame. Trois mois plus tard, l’ensemble était réceptionné sur les quais du port de commerce de Public par une équipe de bénévoles passionnés, impatients de découvrir les pièces de bois et surexcités à l’idée de pouvoir commencer la construction de la pirogue. En chef de chantier, Edouard, fils d’un charpentier marine de Corossol, déjà à l’origine de la construction des bateaux traditionnels Eclair et Eclair 2, entouré de Jules, Jimmy, Philippe, Ange, Fredo, Guy, Raymond, Joe et Daniel coordinateur de l’opération pour le club UNESCO. Pendant la construction, amoureux de la voile, enseignants, élèves et pêcheurs sont passés découvrir l’avancement des travaux. À la mi-juillet, la pirogue était enfin terminée. Le tissu des voiles est constitué d’une épaisse cotonnade achetée dans un magasin de l’île et c’est Joe qui s’est chargé de la couture de la grand-voile et du foc. Lorsque le moment est arrivé de chercher un nom de baptême à la demoiselle, plusieurs pistes ont été évoquées, l’historien suédois Per Timgbrand et le président de l’association internationale d’archéologie de la Caraïbe Henry Petit Jean Roger ont été sollicités. C’est finalement « Sacavou »qui a été retenu en référence au dieu Caraïbe de la mer, esprit des forces de la nature matérialisé par un oiseau crabier peint sur la coque à côté du patronyme. Après une mise à l’eau et une première navigation qui s’est bien passée, la pirogue a été officiellement présentée le mercredi 15 août à l’occasion de la célébration de Pitea day, journée de commémoration du jumelage de la ville suédoise de Pitea avec St-Barth.


SB JAM Music Festival

À l’occasion de la fête de Gustavia, l’association SB JAM a eu la bonne idée d’organiser un festival de musique antillaise du 16 au 19 août. Quatre soirées inoubliables pendant lesquelles se sont succédés sur le podium installé quai d’honneur devant la capitainerie, jeunes musiciens antillais, valeurs sures du zouk et nouveaux rois du kompa haïtien : Dominique Panol, Richard Birmain, Pan-Nik, Bamboolaz, Marcé et Toumpak et Carimi ont fait danser un nombreux public. La manifestation a remporté un vif succès et l’association à l’origine de l’évènement travaille déjà à l’organisation de l’édition 2008.


Inauguration de la statue en bronze
placée au centre du rond-point du col de la Tourmente
Savaku statue rond-point col de la tourmente

Graphiste indépendant depuis 4 ans à Paris, Guillaume Blanchard est à 27 ans l’auteur de « Savaku » en Arawak l’esprit des forces de la nature. Inaugurée le 24 août dernier, Savaku représente l’âme de St-Barth, une métaphore de la vision de l’île par l’artiste. Un Indien Arawak est debout sur un rocher qui, vu du ciel, a la forme de l’île. Une lance dans la main droite, il défend sa terre. Il souffle dans une corne de lambi pour fait entendre le cri de la nature, peut-être l’ultime avertissement d’une nature trop souvent agressée. Il est entouré d’un iguane qui évoque la terre, la sagesse et la patience et d’un pélican, l’oiseau marin symbole de l’île mais aussi de l’air et de la mer dont il tire sa subsistance, comme les St-Barths qui longtemps ont pêché pour se nourrir. Pour Guillaume, « la pause du guerrier simplement vêtu montre qu’il est fier de son île aussi simple et dure qu’elle soit. Ce petit rocher aride est la richesse de cet Arawak prêt à le défendre corps et âme. Il est orienté vers l’ouest en direction du soleil couchant car il regarde la journée qui s’achève. Sa prière au crépuscule résonne comme les voix des ancêtres qui nous incitent à la réflexion et à la méditation. La fin de la journée n’est autre que la naissance de la nuit, une boucle dans l’éternel renouvellement. De ce fait, les expériences du passé serviront au mieux ceux qui se tournent vers l’avenir sans oublier d’où ils viennent. »
Guillaume Blanchard La statue est pour le moment mal positionnée car pour respecter la volonté de l’artiste, l’Indien devrait regarder vers l’ouest. Le socle circulaire sur lequel elle repose devait, dans le projet présenté par Guillaume en 2004, être marqué des quatre points cardinaux, « afin de bien situer St-Barth et démontrer notre ouverture au monde extérieur ». Manque aussi l’inscription « L’arawak souffla dans le lambi pour qu’à nouveau retentisse dans le cœur des hommes l’âme de St-Barth » qui devait être gravée autour de la base. Les services techniques de la collectivité devraient s’occuper de toutes ces finitions dans les prochaines semaines. La statue sera également surélevée car elle paraît actuellement disproportionnée par rapport au large diamètre du rond-point, tout en ne dépassant pas les 2 mètres de hauteur pour ne pas gêner l’approche des avions. Enfin le rond-point en lui-même sera terminé par la pose de gazon et d’un parement en pierres.



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