Les Nouvelles
- bimensuelles -
Par Cécile Lucot
    D’origine bordelaise, Cécile Lucot vit à St-Barth depuis dix ans. Après avoir été rédactrice en chef du St-Barth Magazine pendant six ans, elle a travaillé pour le quotidien d’informations locales Today. Elle écrit régulièrement pour différents magazines et présente une à deux fois par mois sur St. Barth Online une synthèse de l’actualité des quinze derniers jours.
  1 Avril 2006 - #58
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  St-Barth Bucket 2006
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Trente maxi voiliers se sont retrouvés ce premier week-end du mois d'avril dans la rade de Gustavia pour la onzième édition de la St-Barth Bucket. L'événement, ouvert aux plus de cent pieds, a rassemblé les plus beaux géants des mers du monde. Faute de vent, le tour de l'île de vendredi a été annulé. La régate du lendemain s'est déroulée dans un temps à grains qui générait de temps en temps une légère brise. Les plus légers comme Ranger, 137 pieds, tout en carbone, construit il y a deux ans par les chantiers Danish yachts sur le modèle du class J éponyme de 1937, étaient avantagés par rapport aux plus lourds tel Altair (en photo), authentique goélette en bois de 125 pieds construite en 1931. Le plus grand voilier du rassemblement, Rosehearty 184 pieds, était également le benjamin de la flotte puisqu'il est sorti des chantiers Perini Navi en décembre 2005. Le class J Endeavour mis à l'eau en 1934 mais complètement restructuré ces dernières années était amarré quai Général de Gaulle non loin de Parsifal III, un autre Perini Navi de 178 pieds, le plus grand bateau à quai.

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  Pas assez d'eau potable
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Tous les ans à la même saison, entre février et mai, de nombreux habitants se retrouvent sans eau de ville. La plupart des maisons sont équipées de citernes pour recueillir l'eau du ciel, mais celles-ci sont maintenant vides après un mois de sècheresse sans une goutte de pluie. Le carême est connu pour être une période aride, celui de cette année qui a débuté après les fêtes de Carnaval le 28 février est particulièrement sec et chaud. Faute de pluie et d'eau potable au robinet, les habitants doivent faire appels aux vendeurs d'eau privés dont le commerce lucratif est en forte augmentation depuis le début de l'année. Les camions chargés de cuves de 3 m3 circulent toute la journée sur les routes pour remplir les citernes. Et il faut en moyenne attendre une dizaine de jours entre la commande et la livraison. Les gestes d'économie d'eau recommandés prennent toute leur valeur : ne pas laisser couler l'eau du robinet pendant la douche, utiliser l'eau de vaisselle pour arroser les plantes, etc. Cette pénurie provient de la capacité de production d'eau potable de l'usine de dessalement d'eau de mer inférieure à la demande. L'usine fonctionne grâce à trois unités dont la plus ancienne installée en 1984 a été remplacée à la fin de l'année dernière par une unité flambant neuve pouvant produire 800 m3/jour. Mais cette nouvelle unité de dessalement d'eau de mer par osmose inversée n'a pas pu être mise en marche car les analyses ont décelé une bactérie dans le système qui rend impropre l'eau à la consommation. L'exploitant de l'usine en est à son troisième traitement de choc au chlore pour essayer d'éliminer les Pseudomonas .À chaque traitement, 800 m3 d'eau douce sont rejetées à la mer puisque les lois appliquées par les autorités sanitaires françaises ne permettent pas l'utilisation de cette eau, même pour arroser les jardins. Rien à faire, les bactéries sont encore présentes dans le système malgré le traitement de trois jours de la fin de semaine dernière. Les analyses ont révélé une quantité infime de Pseudomonas dans la machine alors qu'elles ne sont plus présentes au point de distribution. La Dsds est formelle, lors de la mise en service d'une unité de production, aucune bactérie ne doit être détectée dans le circuit de distribution. La Générale des Eaux a donc demandé conseil à un spécialiste qui devrait arriver sur l'île dans quelques jours, dès son retour de mission en Asie. En attendant l'éradication totale du microbe, l'usine de l'Ucdem tourne avec deux unités de production au lieu de trois. Conséquence immédiate, la production d'eau potable de 2200 m3/jour est loin de satisfaire une demande qui avoisine les 3000 m3. Les habitants sur les hauteurs de l'île n'ont pas d'eau de ville depuis deux à trois mois et même à Gustavia, zone basse, il arrive que l'eau soit coupée pendant quelques jours. Lors d'une réunion de crise en mairie mercredi dernier, le maire a demandé à l'Ucdem de penser à remplacer rapidement les deux unités qui fonctionnent actuellement par deux autres machines d'une capacité de production plus importante ce qui permettrait de porter la production d'eau potable à 4600 m3, un volume qui couvriraient largement la consommation de l'île, même en période de pointe.

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