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La 22° édition du Festival de musique de Saint Barth

La deuxième semaine du festival de musique de Saint-Barthélemy est passée de la partie “danse” au programme de musique classique proprement dit, soit au cœur de l‘événement. Les choses ont démarré de manière stimulante le mercredi 11 janvier par un concert «Pops» conduit par Rolf Smedvig, trompettiste célèbre dans le monde entier et habitué du Festival.

Le concert a débuté avec le chœur local la Chorale de Bons Chœurs, conduite par Charles Darden. Ils ont chanté «Over the rainbow», écrit par Harold Arlen pour la partition du film «Le magicien d’Oz», puis un Negro Spiritual rythmé par les battements de mains des spectateurs «In Dat Great Gittin, Up Morning». La chanteuse d’opéra Jane Thorgen, qui, plus tard, chanta un solo tiré de «La Veuve Joyeuse», aussi bien que «The Stars and The Moon» et «You’ll never know», s’est modestement jointe au chœur.

La partie instrumentale du concert débuta de façon éclatante par des morceaux issus de «Porgy and Bess» de Gershwin (Summertime et My Man’s Gone Now), de “West Side Story” de Bernstein (Tonight), et par «Paragon, Rag» de Scott Joplin. En plus du feu d’artifice de Smedvig à la trompette,il y eut aussi les remarquables solos de Gregory Miller au cor, de Jon Manasse à la clarinette, sans oublier les percussions de Ted Atkatz, surnommé «Boom Boom», par Smedvig. Celui-ci lança d’ailleurs à l’auditoire un «Nous vous aimons ! Nous aimons Saint Barth.» avant de se lancer dans le Rag de Joplin qui terminait la première partie du concert. Vers la fin de la seconde partie, l’orchestre de Smedvig nous laissa littéralement sans voix avec deux classiques de Duke Ellington «Jungle Nights In Harlem» et It Don’t Mean A thing If It ain’t ot that Swing» pendant que la salle entière, tapant des pieds, en redemandait encore. Trois rappels suivirent : «Hello Dolly» puis un arrangement très rythmé de «When the Saints Come Marching In» et, enfin, Amazing Grace», un final plus serein, émouvant, que Smedvig dédia à la paix dans le monde.

Le dimanche 15 janvier, l’atmosphère était sensiblement différente pour un concert plus sérieux de musique de chambre. En écoutant jouer ces musiciens remarquables (en particulier Josh Gindele du Miro Quartet), on découvrait un programme varié, avec, par exemple une sonate pour cor par le soliste Eric Ruske et Phillip Bush au piano (que l’on applaudira à nouveau dans le récital du 24 janvier).

L’un des cornistes les plus acclamés au monde – Français ! - Eric Ruske a largement étendu le répertoire de l’instrument en interprétant des morceaux écrits à l’origine pour la clarinette ou la flûte par exemple.Quant à Phillip Bush il a été un élément fondamental dans le quartet pour piano de Joaquin Turina, car il a joué avec trois violonistes et violoncelliste qui ont fait un travail admirable : en effet à la répétition du matin, c’était la toute première fois que ce quartet jouait ensemble, et c’est là l’un des traits caractéristiques et merveilleux de ce festival si particulier.

La seconde moitié du programme était une version longue d’une heure de « L’histoire du Soldat » de Stravinsky.Un acteur Américain, Léonard Nimoy lisait à la fois les rôles du soldat et du diable, accompagné par un orchestre de chambre de sept musiciens, et de sa femme, Susan Bay Nimoy. Mr Nimoy qui assiste au festival presque chaque année fit ici ses débuts de narrateur dans «Pierre et le Loup», il y a quelques années. Le programme très varié du festival de musique de St Barth le rend particulièrement intéressant et toujours chaleureux.Mais en des soirées comme celle du concert «Pops», il n’y a pas de mots ou d’images qui puissent rendre les sons et les émotions que ces musiciens talentueux partagent avec le public. Beaucoup d’entre eux reviennent, d’une année sur l’autre, partageant ce qu’ils ressentent pour l’île et leur public fidèle.
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