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      Date: mai  6, 2011
     Title: Bucket 2011 - L'apres Regate - SY Marie - Air Show

Petite Chronique impertinente.

Eclipse YachtA moins d'avoir été enfermé par mégarde dans une cave à vin, de s'être coincé la tête entre deux lattes en pins des Landes d’un sauna en position « chaleur maximale », d'avoir terminé ses vacances dans un caisson hyperbare, ou pour les plus chanceux, de s'être fait séquestrer par une esthéticienne hystérique et nymphomane, j'espère que vous vous êtes rendu compte que ces dernières semaines auront été particulièrement… nautiques. Et encore, je pèse mes mots ! Entre la Bucket et les bien-nommées Voiles de Saint-Barth, cette année, on ne pourra pas nous reprocher d'avoir lésiné sur les moyens ! Au passage, chapeaux bas pour les organisateurs et ne voyez absolument rien de péjoratif ou de dédaigneux dans mes propos.



C’est un constat implacable, rarement on aura vu autant de bateaux d’un seul coup d’œil. D’ailleurs, c’est bien simple, lorsque j’ai appris qu’il y aurait 48 voiliers sur la ligne de départ et qu’ils évolueraient sur une surface à peu près aussi grande qu’un mouchoir de poche, je me suis dit qu’avec un peu de bol, ils arriveraient bien à nous en couler un ou deux, histoire de pimenter la course. Mais apparemment non, ils sont tous rentré à bon port. Pour ceux qui n’auraient jamais assisté à une régate, dites vous que c’est un peu comme regarder un grand prix de F1, mais en appuyant sur la touche « slow motion » de votre télécommande et en faisant abstraction des arrêts aux stands, des changements de pneumatiques, des ravitaillements de dernières minutes et oublier définitivement les immanquables sorties de route à haute valeur ajoutée de stress et de suspense. Car à moins de se faire défoncer la coque par une baleine à bosse ou d’être harponné par un espadon, les amateurs de sensations fortes resteront probablement sur leur faim.

Autre différence majeure avec la formule 1. Durant une régate, les bateaux sont classés par catégories. Ne me demandez pas pourquoi, je l’ignore. D’après ce que j’ai cru comprendre en lisant attentivement le programme, les Maxi Yachts, les Classics, les Racing et les Cruising courent ensemble. Autrement dit, on met dans le même panier, bateaux de courses, bateaux anciens, bateaux de croisières, bateaux de collections et probablement même bateaux de transports. Ce qui, j’en conviens, doit sérieusement compliquer la logistique des organisateurs. Car à ce niveau là, ce n’est plus franchement des torchons et des serviettes que l’on mélange, mais carrément des tentures murales avec des lingettes démaquillantes ! Et encore, estimez-vous heureux. Cette année, les jonques, les gondoles, les pirogues à balancier, les drakkars et les galères romaines ont été disqualifiés.

A titre de comparaison, prenez le grand prix de Monaco, avec Ferrari, McLaren, Lotus et consœurs. Jusqu'à présent, rien de très exceptionnel. Sur ce même circuit, ajoutez-y cinq camping-car, un troupeau de 2CV, quelques caravanes tirées par de vieilles Mercedes poussives, une Twingo, un peloton de vététistes, une demi-douzaine de semi-remorques, une Ford T modèle 1927 et un autobus à impériale. Secouez le tout et faites tourner ce petit monde en rond pendant 4 jours d’affilée. Maintenant, je pense que vous avez une petite idée de ce qu’est une course nautique. Certains diront que c’est un peu exagéré, bien que je ne dois pas être très éloigné de la réalité. Cependant, comme j’aime tenir informé un public avide de connaissances, si après une telle vulgarisation nautique, réalisée avec beaucoup d’objectivité, les organisateurs ne me refilent pas au minimum deux accréditations et un t-shirt pour couvrir la Bucket et les Voiles en 2012, je me fais hara-kiri. Car, sans démagogie, personne n’apprécie autant que moi les périodes de régates. Particulièrement en fin de journée…quand les festivités commencent.

Je ne sais pas si vous y étiez, mais à Gustavia, le soir tombant, l’atmosphère était frénétique et survoltée. A croire que tous les concurrents avaient gagnés. Ambiance difficilement descriptible. Une improbable fusion entre une arrivée du Tour de France, un bal populaire à la grand-papa, les feux de la Saint-Jean et un concert de Bon Jovi. Passants, touristes, badauds, Babats, flambeurs, flâneurs, fêtards ou simple quidam, tous semblaient joyeusement prendre leurs pieds. Ca chantait, ça buvait, ça dansait entre musique-live, cocktails et dégustations. Et croyez-moi, c’est dans ces moments là que l’on se rend compte que cette île n’est vraiment pas comme les autres et combien nous sommes veinard d’y fouler le sol de temps en temps. Mais n’allez pas le crier pas sur les toits, car 21 km carré de paradis sur terre, ce n’est pas donné à tout le monde…



En marchant aux abords des quais, on pouvait ressentir cette sensation de plénitude que l’on perçoit parfois à travers les notes d’une musique lointaine. Ces éclats de rire, ces cliquetis de fourchettes et le ronronnement serein des pompes-à-eau des méga-Yacht mêlés aux odeurs de soufflerie des arrière-salles de restaurant, de la fraicheur de la brise marine et du parfum sucré des jeunes femmes de Boston ou du New-Jersey qui vous croisent avec leurs claquettes à talons hauts, leur maillot-de-bain deux pièces et leur meilleur regard de biche, tout en sachant pertinemment que quoi qu’il arrive, elles reprendront l’avion dimanche après-midi. (Oui, je sais, cette phrase était particulièrement longue. N’en tenez pas rigueur, parfois, j’ai des envolées lyriques). Pendant ce temps là, marins et skippers fraichement débarqués et passablement assoiffés, affublés d’un bronzage que l’on pourrait qualifier d’agricole, hésitaient entre le pack de six, l’herbe de bison détrempée de vodka ou la bouteille de Taittinger. Comme quoi, on peut passionnément aimer la mer et profondément détester l’eau salée. Et je vous fais grâce de toutes ces filles, avec leurs petits corps d’hôtesses d’accueil, moulés dans des polos « Gaastra » roses, oranges et jaunes fluo, à faire pâlir de jalousie un vendeur intérimaire de chez Ralph Lauren. Ah…Saint-Barth et les femmes, il y aurait tant à raconter… Mais encore une fois, je m’égare et si je m’éternise sur ce sujet, cette chronique risque définitivement de partir en vrille. Je m’excuse par avance auprès du pauvre web-master, de « Saint-Barth Online », qui va probablement crouler sous les emails de protestation…

Ainsi se sont achevées ces folles semaines nautiques. Un grand absent cependant et je tenais à le signaler. « L’Eclipse » n’était plus là. Le plus grand et le plus impressionnant yacht du monde qui a passé tout l’hiver dans la baie de Gustavia, avait disparu. Sans doute que son propriétaire, estimant à juste titre qu’il ne boxait pas dans la même catégorie que les autres bateaux, a par modestie et courtoisie…levé l’ancre.

La grande classe, ce Roman Abramovitch. Un vrai gentleman !!

A moins qu’il ne se soit barré pour aller mater un grand prix de F1… en très bonne compagnie !!

Allez savoir…