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jun 7, 2010

GRAND DEBAT SUR LE POISSON

Il semble qu’il y est un sujet de discorde entre quelques-uns de mes amis, des gens délicats qui aiment les choses fines de la vie telle la sole Meunière, cette recette française cuisinée avec un poisson plat, la sole, agrémentée de beurre et de câpres. Mais le centre du débat à propos de la sole Meunière, plat proposé dans les menus à St-Barth, est probablement le fait que ce poisson vienne de Méditerranée, juste à quelques milliers de miles d’ici. Si nous étions dans une région du monde au milieu des terres, faire venir du poisson frais par avion pourrait avoir du sens. Mais dans une île tropicale dont les eaux chaudes sont un véritable aquarium de poissons comestibles et variés, la question se pose. Bien sûr les soles ne sont pas les seules à traverser l’Atlantique… D’autres poissons pêchés dans les mers Européennes les accompagnent comme les coquilles St Jacques, les huîtres, les moules et autres crustacés qui ne sont pas originaires de nos eaux. Bien sûr, les huîtres sont un met apprécié dans les dîners fins, activité placée en tête de liste des particularités de l’île. Mais j’aimerais lancer un appel aux chefs géniaux qui se cachent dans les cuisines locales. Pourquoi ne pas imaginer « le mois du poisson frais », afin de célébrer tous les poissons pêchés par nos pêcheurs favoris et ainsi réduire la taxe carbone inhérente au transport de tous ces poissons venus par avion à travers le monde. En fait, le chef du Tamarin restaurant a déjà commencé à innover en créant « la bourse Meunière » un poisson local dont’il cuisine pour en faire un plat délicieux. La bourse est un poisson qui n’apparaît généralement pas sur les menus alors goûtez-le quand il vous est proposé. Dorades, wahoo, thons et bonites mordent souvent à l’appât des pêcheurs aussi bien que les langoustes, marlins et requins étant pêchés plus occasionnellement, tous des poissons vendus au marché aux poissons à Gustavia. Les autres poissons locaux vont du coloré poisson-perroquet aux poissons dénommés ici « grand gueule » ou « coffre » que vous retrouvez sur les tables des locaux. Bien sûr le régime alimentaire des natifs de l’île est basé depuis des centaines d’années sur les poissons qu’ils pêchaient. Mon mari me racontait qu’ils mangeaient du poisson deux fois par jour, six jours par semaine, bonne ou mauvaise année, le seul changement dans ce menu était un morceau de poulet ou de cabri le dimanche). Poisson au BBQ, poisson au court-bouillon, poisson cuisiné à toutes les sauces, exceptée la Meunière qui est arrivée sur l’île récemment avec l’invasion des produits Européens. Alors, devrions-nous importer par avion sur l’île du poisson ? Je devrais répondre non, mais quand je vois mon mari commander une sole Meunière, je devine que le poisson venu d’Europe régale encore de nombreuses personnes à St-Barth.

Ellen Lampert-Greaux