
5 février 2004 - #15

Une bonne fréquentation malgré un dollar faible

Le début de la saison touristique a tenu ses promesses. Le taux de
fréquentation de l’île a été satisfaisant pour tous. Comme chaque année pour
les fêtes de fin d’année, les hôtels affichaient complets et les villas
étaient toutes louées. Quant au mois de janvier, les échos sont unanimes
pour dire qu’il a été à la hauteur des espérances avec un taux de
remplissage des hôtels et villas de l’ordre de 60%. Et février s’annonce un
très bon mois, 80% des chambres du parc hôtelier sont d’ores et déjà
réservées. Ces bonnes nouvelles ont cependant été atténuées par la baisse du
cours du dollar. En effet depuis le début de l’année 2002, la monnaie
américaine a perdu presque 30% de sa valeur face à un euro stable. Cette
dégringolade a engendré deux fâcheuses conséquences pour Saint-Barth. La
première est une perte de pouvoir d’achat de l’ordre de 30% de la clientèle
américaine qui veut passer un séjour dans une île française. Cette
importante baisse de la consommation des visiteurs américains s’est
répercutée sur les commerces de l’île qui ont annoncé 10 à 20% de baisse de
leurs chiffres d’affaires. Alors que les restaurateurs et autres commerçants
affichent des prix en euros, une obligation de la législation française,
beaucoup de loueurs de villas et d’hôteliers, dont la majeure partie de la
clientèle est d’origine nord américaine, ont conservé leurs prix en dollar.
Surpris comme tout le monde par la chute de la monnaie américaine, ils n’ont
pour le moment pas réajusté leurs tarifs en dollar par rapport à l’euro. Une
politique commerciale tout à leur honneur quand on sait que le personnel des
établissements hôteliers et les frais d’entretien des villas sont réglés en
euros. Depuis bientôt deux ans, les loueurs de villas doivent jongler entre
des rentrées en dollars et des sorties en euros. Une différence de parité
monétaire qui leur fait perdre de l’argent à eux aussi.
Les temps changent, ceux qui gagnaient de l’argent il y a encore quelques
années, lorsque le dollar valait 10 francs, en gagnent un peu moins
aujourd’hui. À l’inverse, les commerçants qui achètent leurs marchandises
aux Etats Unis paient des factures bien moins élevées qu’il y a quelques
mois et pourtant ils n’ont pas baissé leur prix de vente public, ce qui leur
laisse une marge bénéficiaire plus importante qu’avant.
Certains propriétaires de villas sont en train de réfléchir à une solution
qui leur permettrait de réajuster leur prix dollar par rapport à l’euro sans
choquer leur clientèle américaine. Les responsables des agences immobilières
de l’île se sont dernièrement réunis pour discuter du problème et essayer de
trouver une solution satisfaisante pour toutes les parties.
A Bientôt
Cécile Lucot
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