
5 décembre 2003 - #11

Consultation populaire le 7 décembre

La campagne de communication organisée par les élus pour l’évolution
statutaire de l’île s’est transformée depuis le lundi 24 novembre en une
campagne électorale. En effet dans le cadre de la consultation populaire du
7 décembre, comme pour une élection, une campagne électorale de 12 jours
précède le vote des électeurs. Deux groupements habilités par la commission
de contrôle de la consultation font actuellement campagne. « Saint-Barth en
Avant » regroupe le maire et les conseillers municipaux élus sur la liste
que Bruno Magras menait lors des dernières élections municipales. Le «
Groupement pour la Reconnaissance Statutaire » réunit les quatre conseillers
municipaux des listes d’opposition élus en mars 2001. Les deux groupes
appellent les électeurs à voter « oui » à la question suivante : «
Approuvez-vous le projet de création à Saint-Barthélemy d’une collectivité
territoriale d’outre-mer régie par l’article 74 de la Constitution, se
substituant à la commune, au département et à la région et dont le statut
sera défini par une loi organique qui déterminera notamment les compétences
de la collectivité et les conditions dans lesquelles les lois et règlements
y sont applicables ? »
Des affiches ont été collées sur les panneaux d’affichage officiels situés à
proximité des bureaux de vote de Gustavia, Lorient et Colombier et tous les
électeurs ont reçu par voie postale cette semaine une enveloppe contenant
les lettres circulaires de chaque groupement. Sur les ondes de radio
Saint-Barth, tous les jours, des personnalités de l’île sont interviewées et
expliquent leur choix de voter « oui » à l’évolution statutaire de l’île.
Même Rémy de Haenen qui vit sur l’île de Saint-Domingue depuis plus de dix
ans est arrivé le 3 décembre afin d’apporter son appui au groupe «
Saint-Barth en Avant ». Rappelons que l’ancien pilote d’avion a été maire de
Saint-Barth de 1966 à 1977 et qu’il a été le premier a prôné un statut
particulier pour Saint-Barth, « une idée bien difficile à faire admettre
déjà à mon époque » nous a-t-il confié.
Le seul à appeler à voter « non » est le conseiller régional Nordleing
Magras qui est convaincu qu’un détachement de la Guadeloupe dans le cadre de
l’article 73 est suffisant. Il dénonce également l’injustice de la fiscalité
indirecte qui sera instituée en cas de création de collectivité d’outre-mer.
Il vient d’ailleurs de rendre sa carte de l’UMP, déçu de l’action du
gouvernement du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.
Ce dimanche 7 décembre, les électeurs de Saint-Barth devront voter deux
fois, dans deux salles de vote différentes pour qu’il n’y ait pas de
malheureuse confusion. Premier bulletin à déposer dans l’urne pour voter
pour ou contre l’évolution de Saint-Barth. Deuxième bulletin pour décider de
l’évolution de l’archipel de la Guadeloupe en une collectivité territoriale
régie par l’article 73 de la Constitution avec possibilité de création d’une
assemblée unique se substituant aux assemblées départementale et régionale.
Résultats dans ma prochaine chronique.
A Bientôt
Cécile Lucot
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